Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 10:56

casse-tête chinois blog

Le projet de budget 2014 va être déposé aujourd’hui à l’Assemblée nationale et on sait déjà que les débats seront loin d’être sereins. Avec la réduction des dépenses en guise de fil rouge, les parlementaires risquent fort de ne pas apprécier la diète à laquelle la France va être soumise.

Mais attention, il ne s’agit là que de sérieux budgétaire, pas d’austérité en aucun cas, nous dit-on. Quant aux prélèvements et coupes budgétaires, tout cela sera fait dans la justice, le mot magique pour faire passer la pilule qui risque d’être bien amère.

Les ministères concernés et l’écologie en tête sont loin d’apprécier les futures mesures drastiques. Et les opérateurs de l’État (CNRS, Météo France...) ne seront pas épargnés non plus, pas plus que les collectivités locales.  

Et c’est à chaque fois la même chose ! Tout le monde s’accorde sur le constat ; il faut baisser la dépense publique, il n’est plus possible de voter un budget qui soit en déséquilibre comme cela a été le cas depuis plus de trente ans...

Mais au pied du mur, ce sera encore la foire d’empoigne ! Personne ne voudra consentir de réels efforts ; les économies sont pour les autres, chacun pensant que sa dépense est légitime et son utilité incontestable. Car oui, le nez dans le guidon, chacun défend son domaine et une diminution des crédits, c’est une diminution de pouvoir. On en est là aussi...  

Et puis certains imaginent que la France est toujours riche, que l’on peut dépenser encore et toujours sans vraiment compter ou si peu, et peu importe qui remboursera. Comme il en est même pour dire que l’on n’honorera jamais nos dettes. Ils doivent être contents les créanciers de la France en entendant ce genre de déclaration de la part de quelques femmes et hommes politiques ! Mais qu’à cela ne tienne, de toute façon, ils ne sont pas aux commandes : alors ils peuvent tout oser, cela ne mange pas de pain et peut même rapporter gros en terme de voix !

Mais que tous se rassurent ou dépriment !

Vu l’état des finances de la France et des prévisions des économistes qui ne sont pas franchement optimistes, tout le monde va devoir se serrer la ceinture !

Des prélèvements il y en aura, justes ou pas justes, et les Ministères finiront par être tous touchés. Tout dépendra de la situation économique et si elle se dégrade ou pas. Là est la véritable interrogation : si la récession persiste, si la France entre dans le collimateur des agences de notation...

Les efforts que doivent consentir les citoyens, même s’ils sont douloureux, seront compris à condition qu’ils soient efficaces, qu’ils n’aient pas l’impression qu’on remplit un tonneau sans fond. Que les réformes qui tardent à venir, faute de courage politique, soient enfin entreprises, que les gaspillages relevés par la Cour des Comptes disparaissent et que les grands partis s’accordent à relever le pays sans démagogie...

Il en va de notre intérêt à tous... 

Partager cet article

Repost0
26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 15:36

img15d[1]

C’est aujourd’hui qu’est présenté en Conseil des Ministres le projet de loi Duflot qui vise notamment à encadrer les loyers, à mettre en place une garantie obligatoire contre les loyers impayés ainsi qu’à encadrer les pratiques des agences immobilières...

D’une façon générale, parler location immobilière, c’est parler des problèmes des deux parties, propriétaire et locataire. On ne voit souvent de la location que les inconvénients, rarement les avantages. Et pour cause !

Pour un candidat à la location, chercher un logement s’apparente la plupart du temps à un chemin de croix. Ce n’est pas le cas partout, mais dans beaucoup d’endroits et Paris pourrait même recevoir la palme d’or de la galère ! Car trouver un appartement avec une superficie correcte à un prix lui-même acceptable et si en plus, on a quelques exigences, cela revient à une chasse au trésor, souvent sans le trésor... La déception pour ne pas dire la désillusion est au bout du chemin. Et très souvent, on finit par se contenter d’avoir un toit au-dessus de nos têtes.

La location n’est pas un long fleuve tranquille : la revalorisation annuelle du loyer qui vient grever un budget déjà serré, parfois des charges qui explosent, des travaux dont il faut supplier le propriétaire à les entreprendre.... Et la fin d’une location n’est pas forcément sereine : un préavis dont il ne faut pas négliger l’importance, un état de lieux qu’il faut examiner à la loupe, une bataille pour que soit rendue la caution sans retenue contestable...

Pour les propriétaires, louer n’est pas non plus de tout repos. Dans certaines régions, là où l’offre est importante, ce sont les locataires les maîtres du jeu. On a vu le cas d’un jeune propriétaire à Metz qui peinait à louer son bien malgré une baisse sensible du loyer.

Divers travaux d’entretien sur un bien en location peuvent avoir des coûts élevés, sans parler des mauvaises surprises, une chaudière qui lâche ou des problèmes électriques qui peuvent faire monter la facture... 

Et la hantise de tout propriétaire, ce qu’il redoute par-dessus tout, ce sont les impayés. Alors là, c’est le début du cauchemar en même temps que se déroule une longue et coûteuse procédure pour récupérer son bien. Il y a aussi les dégradations et autres mauvais usages des lieux qui peuvent dissuader à tout jamais de mettre un immeuble en location...

Ainsi, il est impératif de trouver un juste équilibre dans les relations entre bailleur et locataire. Favoriser l’un par rapport à l’autre n’est pas sans risque, car au bout du compte, personne n’est gagnant.

La loi qui devrait intervenir prochainement sera-t-elle à la hauteur des attentes des uns et des autres ? 

Partager cet article

Repost0
14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 11:41

retraite - blog

Cette fois, on y est : la réforme des retraites est lancée. Après la foire aux idées (http://www.magtuttifrutti.com/article-reforme-des-retraites-la-foire-aux-idees-est-lancee-116092383.html), le rapport Moreau est remis ce jour au Gouvernement et suivra la Conférence sociale, les 20 et 21 juin.

La potion sera-t-elle amère ? Il semblerait que oui, et le terme magique pour adoucir le traitement de choc est : justice ! C’est le mot d’ordre depuis plusieurs mois et on aurait envie de dire : c’est le moins que l’on puisse attendre d’une réforme ! Que chacun participe à la hauteur de ses moyens, que ceux qui ont été les plus exposés dans la vie professionnelle soient protégés, que les petites retraites soient épargnées...  

Mais, entre le principe de justice et la réalité, on entre dans une "autre dimension"...

Déjà, chacun a son idée de l’équité. Qui va avouer que son sort est enviable, qu’il peut faire des efforts ? Là, on plonge dans un monde merveilleux où ceux qui se sentent privilégiés vont se lever et crier haut et fort : "Oui, moi, moi, je peux travailler plus longtemps ! ","Moi, je peux voir ma pension baisser sans problème ! "

Mais, on redescend vite sur Terre et on sait déjà que beaucoup vont se sentir lésés. Certains diront qu’’ils ont assez travaillé, que leurs conditions de travail ont été pénibles, qu’ils ont cotisé pour les autres et que maintenant, c’est à leur tour de profiter de la vie... Alors, la réforme, ce sera surtout et avant tout pour les autres, chacun espérant échapper au dispositif et pensant de bonne foi, qu’il est le plus mal loti...

Au-delà même du ressenti, le principe de justice va se briser sur les récifs de la réalité.

Ce qui semble être le premier obstacle à cette équité ; l’hostilité d’un possible rapprochement des régimes du privé et du public. Si la CFDT se montre favorable à une certaine convergence, il est d’autres syndicats, dont la CGT, qui ont marqué leur refus. Et quand on connait les moyens de pression, la France risque de se trouver paralysée si le Gouvernement se dirige dans cette voie... Et ne parlons pas des régimes spéciaux qui comme leur nom l’indique, sont dérogatoires et qui sont considérés comme sacrés.  

De même, la notion de pénibilité est un concept complexe, qui relève d’éléments objectifs et subjectifs. Alors si l’on peut s’accorder sur certains critères indiscutables, comme le travail de nuit, une exposition à des produits toxiques, il y aura bien d’autres situations plus contestables. D’où pourra naître l’injustice...

Ainsi, même si la volonté affichée est de faire une réforme des retraites juste, la réalité risque d’être tout autre et le ressentiment inévitable. Du reste, 67 % des Français ne pensent pas que cette réforme sera faite dans la justice (enquête BVA du 7 juin 2013).

Les partenaires sociaux ont les cartes en main ; démentiront-ils les prévisions ou renforceront-ils le sentiment d’injustice largement répandu dans la société française ? 

Partager cet article

Repost0
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 15:20

dépenses publiques - blogLa dépense publique doit être réduite, cela est devenu un impératif en même temps que nos déficits se creusent.

Quand on évoque cette réduction, on pense immédiatement aux divers gaspillages dont la presse s’est souvent fait le relais ; subventions mal ciblées, comités Théodule, Hadopi, formation professionnelle...

Mais la presse n’est pas la seule à pointer du doigt la mauvaise utilisation de l’argent public. Le député socialiste René Dosière dans L’argent de l’État dénonce des gaspillages et comment y remédier. La Cour des Comptes fait elle aussi des rapports réguliers sur le mauvais usage de l’argent public et le dernier sur l’enseignement est édifiant.  

Certains imaginent même des hordes de fonctionnaires se tournant les pouces dans des bureaux déserts ou arpentant de longs couloirs de bâtiments administratifs comme des âmes en peine... Et c’est vrai que les reportages sur ces sous-préfectures fantômes apportent de l’eau à leur moulin !

Mais la dépense publique c’est aussi et surtout des domaines et des missions dont on voit mal comment en réduire les coûts : sécurité, justice, enseignement, défense, travail, emploi... http://www.economie.gouv.fr/files/projet-loi-finances-2013-plf-chiffres-cles.pdf

Et puis au moindre scandale, dès qu’un événement tragique se produit, on appelle l’État au secours et on réclame toujours plus d’interventions et donc, plus de dépenses.

C’est ainsi pour la sécurité ; à chaque fait divers dramatique, c’est un besoin de protection qui se fait sentir parmi la population qui exige plus de policiers et de gendarmes sur le terrain. Et puis vient une soif de justice plus répressive, donc plus de magistrats, et bien évidemment, plus de places de prison.

En matière de terrorisme, c’est plus de surveillance des lieux publics, des personnes dont on peut penser qu’elles pourraient basculer vers le côté obscur : 15 personnes sont nécessaires pour surveiller une personne. Alors, si on multipliait ce chiffre par des dizaines, voire des centaines d’individus, on ferait exploser le compteur de la dépense publique...

Dans le domaine économique, on voit bien qu’une fraude comme celle du cheval dans les plats cuisinés à la place du bœuf, a révélé une baisse du nombre de contrôleurs et on a tous crié au scandale ! Mais là aussi plus de contrôles, plus de dépenses en fonctionnaires...

D’autres exemples pourraient être exposés et tous iraient dans le même sens : subventions dont les entreprises ont besoin pour se lancer, pour ne pas déposer le bilan, pour investir... Urgences des hôpitaux souvent au bord de l’explosion...   

Ne voir dans la baisse des dépenses publiques que la chasse aux gaspillages, l’optimisation des services - le faire mieux avec moins - quelques réductions ou suppressions de-ci de-là, est une erreur. Certes, tout cela doit être fait et se fera car ce sera le plus facile à justifier. Et on s’en réjouira tous.

Mais cela ne suffira pas !

Cette réduction de la dépense est une obligation, l’Union européenne nous l’impose et aussi notre bon sens ; on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on a et le recours à l’emprunt systématique a trouvé ses limites.

Mais penser que cela n’affectera pas la bonne marche de l’État et n’aura pas d’impact sur notre vie quotidienne, est une illusion... 

Partager cet article

Repost0
2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 13:43

CAF - BlogAlors que la réforme des allocations familiales qui sera dévoilée le lundi 3 juin semble indispensable pour rétablir les comptes de la branche famille, ne risque-t-elle pas d’enflammer une société de plus en plus à fleur de peau ?

Pourtant, selon un sondage Viavoice pour Les Echos, France Info et BCPE : "68% des Français sont favorables à une réduction des allocations familiales pour les ménages gagnant plus de 5 000 ou 6 000 euros par mois", ce qui semble de bon augure pour la réforme à venir. Le Président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone, invité de Jean-Jacques BOURDIN le 31 mai dernier, proposait même de supprimer celles-ci aux familles qui n’en avaient pas la nécessité. Il ajoutait que vu le niveau d’endettement de la France, ces familles aisées devaient faire des efforts.

Apparemment, il ne sera pas possible d’échapper à cette réforme, chacun a bien conscience de l’urgence à revenir à l’équilibre des comptes.

Le problème de cette réforme, c’est surtout et comme toujours, qu’elle va être faite dans l’urgence et sous la contrainte, avec une pression fiscale déjà forte. Ainsi, la pilule pourrait être amère et certains peuvent même en faire une question de principe. Alors, le danger est bien là, et la contestation pourrait éclater...

Certaines familles dites « à l’aise » et qui ont plusieurs enfants, commencent à faire entendre leur voix. Non, cet argent n’est pas superflu, disent-elles, il vient boucler un budget de plus en plus serré. Parce que, à l’exception des très hauts revenus, ceux des patrons du CAC 40 qui du reste ne doivent plus être trop concernés par le sujet, beaucoup d’autres paient des impôts élevés et peuvent avoir de lourdes charges. Ainsi des frais de logement peuvent être très importants, surtout pour les résidents de la région parisienne où l’immobilier est une ruine pour les ménages. Alors, cette allocation, quel que soit son montant, peut contribuer à une vie correcte.

Du reste, le député socialiste de Haute-Garonne, Gérard Bapt, rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée nationale reconnait une sorte de « double peine » pour les hauts revenus si les deux leviers étaient utilisés à savoir, la modulation des prestations en fonction des revenus, et la réforme du quotient familial,

Pour les classes moyennes qui ne devraient pas être concernées, (15% des ménages le seraient), la méfiance pourrait dominer. Pour que cette réforme soit efficace et soit source de réelles économies, alors qu’il est prévu que certaines allocations seraient revalorisées, voire même étendues, difficile de penser que celles-ci ne seront pas touchées par le dispositif.

D’autres vont y voir et y voient même déjà, une rupture du pacte social, une attaque au principe d’universalité de la politique familiale. Certains s’interrogent même sur le fait, qu’une fois cette entaille faite, pourquoi cela ne toucherait-il pas la sécurité sociale où du reste, est évoquée une franchise pour la médecine de ville en fonction des revenus.

Pour d’autres encore, il s’agira d’une preuve supplémentaire que ce sont toujours les mêmes qui paient et toujours les mêmes qui reçoivent. Une sorte de rébellion contre la solidarité, pilier de notre pacte républicain. Oui, la révolte gronde chez ceux qui ont l’impression de payer toujours plus et de recevoir de moins en moins. Il en faudrait peu pour que la rupture soit consommée.

En définitive, il serait regrettable que cette réforme qui, au fond, n’est pas dénuée de sens, puisse briser le consensus national, alors qu’il en serait différemment dans une période plus sereine. Du reste, d’autres gouvernements s’y sont déjà cassé les dents ! 

Partager cet article

Repost0
29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 17:10

pôle emploi blogLe chômage des jeunes en France (26,5 % des jeunes de 15-24 ans) comme une bonne partie de l’Europe, est de plus en plus préoccupant. Des mesures ont été mises en place (Contrats de génération, emplois d’avenir) et d’autres viennent d’être promises à un niveau européen. Les gouvernements sont tous conscients de la gravité de la situation et ils tentent de réagir. Sauf que les moyens financiers font défaut et que les aides ne seront pas à la hauteur des enjeux.

Alors les jeunes doivent faire face comme ils le peuvent : certains se lancent dans l’aventure de l’entreprise, d’autres partent pour l’étranger, d’autres tentent les concours administratifs, et d’autres désespèrent à trouver un emploi...

Les situations sont diverses et certains souffrent bien plus que d’autres, comme leurs aînés d’ailleurs.

Il y a ceux qui n’ont aucune formation et qui paient le prix fort de la crise. Sans aucune qualification, c’est une mission, si elle n’est pas impossible, très difficile. Du coup, ils sont les premiers bénéficiaires des aides. Toutefois, vu leur nombre, (début 2013, ils étaient 1,9 millions de 15-29 ans à n’avoir pas d’emploi, ne pas être dans un parcours d’éducation ni de formation) on voit tout de suite que les contrats aidés seront insuffisants, il faudra trouver d’autres idées pour intégrer ces jeunes dans le monde professionnel.

Ceux qui ont une formation professionnelle ont plus de chances de trouver un emploi. Mais là, tout dépend des secteurs, certains recrutent plus que d’autres : le bâtiment, la restauration et l’hôtellerie, les services à la personne, l’informatique...

Et pour les diplômés BAC +++, c’est là que l’on trouve les disparités les plus fortes. Même si le taux de chômage est inférieur (10 %) à celui des non diplômés, il reste tout de même élevé. Le fait de sortir d’une grande école n’est peut-être plus une garantie de trouver un emploi mais c’est tout de même une belle carte de visite. Beaucoup sont encore recrutés avant d’avoir fini leurs études et les employeurs continuent à leur faire les yeux doux.

En revanche, pour les diplômés des Universités, les filières sont déterminantes. Les filières scientifiques, technologiques sont prisées sur le marché du travail et les jeunes sont souvent embauchés par les entreprises dans lesquelles ils ont fait des stages. Ils sont repérés avant même parfois, la fin de leur diplôme et ne connaissent pas ainsi les affres de la recherche d’emploi.

Pour les filières littéraires, sociales, économiques, les choses se compliquent. Certains empilent les stages puis les CDD pour connaître souvent vers 30 ans, le Saint Graal, le CDI. Il faut dire que certaines matières qui peuvent être passionnantes à étudier offrent des débouchés restreints (sociologie, psychologie, philosophie...).

Et dans bon nombre de métiers (juristes, journalisme, communication, marketing...) les employeurs sont impitoyables : il faut de l’expérience. Alors là, c’est la désillusion et on rentre dans le parcours du combattant. C’est le cycle infernal des stages, puis des CDD.... Les jeunes diplômés ne peuvent pas non plus patienter indéfiniment. Sans travail stable, pas de logement, pas de crédit... Alors l’obligation de l’alimentaire est la plus forte et les Bac +3, 4, 5 ou 6 sont contraints à oublier leurs rêves pour prendre le premier emploi venu...

Si l’on ne veut pas avoir une jeunesse désabusée, il est temps d’offrir des perspectives pour ceux qui n’ont rien et de mettre en adéquation travail et formation.

 

La situation est grave, il y a urgence à agir... 

Partager cet article

Repost0
15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 16:28

La France vient de faire sa grande entrée dans la récession et pour le citoyen lambda, c’est la confusion la plus totale. Entre les propos rassurants du Gouvernement et les projections pessimistes de bon nombre d’experts, qui croire ?

Sommes-nous en train de dégringoler un à un les barreaux de l’échelle économique pour nous retrouver, d’ici à quelques mois, dans une situation comparable à celle de l’Italie ou de l’Espagne ? Ou alors, grâce à la boite à outils du Gouvernement, allons-nous redresser la tête et relever le défi de la croissance et de la réduction de nos déficits ?

Les experts qui annoncent le pire depuis des mois ne seraient-ils que des oiseaux de mauvais augure ? Ou le Pouvoir actuel appliquerait-il la Méthode Coué ?

Il ne fait aucun doute que si la France renoue avec la croissance avant la fin de l’année, ce sera le soulagement et la popularité aujourd’hui au plus bas du Chef de l’État connaîtra une embellie. Et ce ne sera que justice, il avait raison et tout le monde ne pourra que s’incliner. Alors, les réformes à venir seront plus faciles à entreprendre puisqu’il aura gagné en crédibilité.

A l’inverse, si la situation économique devait se dégrader au-delà de la fin de l’année 2013, comment expliquer aux citoyens qu’une erreur d’appréciation a été faite ou que tout cela n’était que pure stratégie, une attitude positive pour conjurer le sort ? Là, à n’en pas douter, l’impopularité risque de connaître de nouveaux records...

Si le deuxième scénario devait se produire, les réformes les plus douloureuses seraient faites. Le Pouvoir n’aurait plus rien à perdre, il serait même contraint par les événements à faire tout ce qu’il hésite aujourd’hui, par peur des réactions...

C’est un peu comme ce qui se passe avec le réchauffement climatique. Les experts répètent depuis des années qu’il faut changer nos comportements pendant qu’il en est encore temps. Mais qui bouge ? Peu de Pays prennent conscience et font des efforts. Les autres préfèrent ignorer les désordres qui se produisent jusqu’à ce que la nature plus forte, leur impose des contraintes. Au lieu de procéder à des mutations alors que la situation n’est pas critique, non, ce sera dans l’urgence et de manière plus brutale.

Et c’est ce qui risque de se produire en matière économique. A trop attendre, les réformes qui s’imposent risquent d’être plus violentes. Mais c’est ainsi, on préfère laisser les choses aller au bout et réagir sous la menace.

Oui, c’est toujours plus facile de se laisser porter par les événements au lieu de les affronter.

Alors, rendez-vous dans quelques mois pour connaitre si les choix qui ont été faits étaient les bons.... 

Partager cet article

Repost0
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 14:23

drapeau UE déchiréUn divorce à l’européenne aura-t-il lieu, entre d’un côté les pays vertueux du Nord et d’un autre côté les pays dispendieux du Sud ? Avec comme motif de désaccord ou de rupture, les plans d’austérité ?

Les pays du sud dans lesquels des plans d’austérité ont été installés voient la croissance se volatiliser, la colère sociale monter, les partis populistes progresser et le rejet de l’Union européenne grimper en flèche.

L’austérité est nocive pour les économies et les experts semblent pour une fois unanimes sur le sujet. Sauf que pour concilier croissance et désendettement des États, autant chercher la quadrature du cercle ! Mission impossible, semble-t-il.

On peut comprendre aussi que les pays du Nord, dont l’Allemagne en tête de file, qui ont été raisonnables, qui ont su faire des réformes douloureuses, ne soient pas enclins à soulager les pays dont la conduite budgétaire a été loin d’être exemplaire. C’est toujours la même histoire de la cigale et de la fourmi, dont La Fontaine avait si bien décrit les comportements. Et voilà que cette Fable illustre notre comportement et celle de quelques-uns de nos voisins...

Et pourtant, il faudra du temps, beaucoup de temps, pour résorber les lourds déficits accumulés. Peut-être même le même temps qu’il fallu pour les créer ! Certes, des efforts exceptionnels peuvent être entrepris pour accélérer le calendrier mais, tel un couple en surendettement, chacun sait bien que pour rééquilibrer un budget, il faut de la patience et de la volonté.

Alors, oui, cela n’est guère plaisant à entendre par ceux qui se sont imposé des limites de payer pour ceux qui ont joué pendant tant d’années les cigales ! Mais desserrer l’étau est la seule voie possible pour que le divorce entre les pays de la zone euro ne soit pas consommé.

Cet assouplissement des plans de rigueur se fera-t-il avec l’accord des pays concernés ou par les circonstances ? Des circonstances exceptionnelles pourraient amener à édulcorer les mesures de rigueur ; un chômage de plus en plus difficile à endiguer, une récession durable, des révoltes sociales, une attaque plus virulente des marchés...

N’est-ce pas ce que la France attend ?

Pour le moment, notre pays est entre deux eaux ; pas franchement englué dans la récession et loin d’avoir résorbé ses déficits.

Si la pression fiscale est à son maximum, les réformes se font timides, histoire de montrer de la bonne volonté, mais sans plus. On voit bien que l’Etat peine à engager une réforme de son système social et les économies se font à la marge. Certes, il y aura des coups de canif ici ou là, comme les allocations familiales pour les familles aisées. Mais bon, tout cela reste bien timoré par crainte de voir le pays s’engouffrer dans la révolte sociale.

Faut-il parler de manque de courage politique ? Mais ne serait-ce pas plutôt du suicide politique ? A n’en pas douter.... Alors, l’espoir ne résiderait-il pas en une modération des mesures de rigueur, histoire de gagner du temps...

Un temps qui s’avère de toute façon indispensable pour combler un gouffre financier qui s’est creusé en plus de 30 ans ! 

Partager cet article

Repost0
13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 15:32

Austérité"Atmosphère ? Atmosphère ? Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?"

Personne n’a oublié cette réplique culte tirée du film "Hôtel du Nord" de Marcel Carmé (1938) et prononcée par Arletty répondant à Louis Jouvet. Et c’est à cette tirade à laquelle j’ai pensé en écoutant l’allocution télévisée du Président de la République du 10 avril à propos de l’austérité.

Selon le Chef de l’État, la politique conduite n’est pas de l’austérité. Et de poursuivre en indiquant que l’austérité, c’est la baisse des salaires et des prestations sociales, quand il y a de la récession, quand il y a un chômage qui atteint 15 %, 20% de la population.

Et certains économistes sont sur cette position, en affirmant que l’austérité n’est pas encore arrivée, mais qu’elle ne saurait tarder, avec la probable désindexation des retraites, la hausse des taux de TVA et des futures mesures d’économies. D’autres, dont l’économiste, Nicolas BOUZOU qui, sur le plateau de la Matinale du 11 avril dernier affirmait, que OUI, nous étions plongés dans l’austérité dès lors qu’il y avait eu une augmentation sans précédent des prélèvements obligatoires.  

Alors, austérité ou pas austérité ? Si ce n’est pas de l’austérité, cela y ressemble étrangement. Un chômage qui s’aggrave de mois en mois, un déficit qui se creuse de façon dangereuse, une baisse du pouvoir d’achat... Beaucoup souffrent de la perte d’un emploi, les entreprises sont au bord de l’asphyxie entre la hausse des cotisations et des carnets de commande qui ne se remplissent plus. D’autres sont épargnés par cette crise, entre un emploi stable et des rémunérations décentes. D’autres encore font quand même des affaires.

Et pendant ce temps, la France emprunte à des niveaux historiquement bas ! Pour exemple, le taux d'emprunt à 10 ans de la France est passé sous la barre des 1,8% sur le marché obligataire, le vendredi 5 avril. Cette confiance toute relative des investisseurs s’explique en particulier par l’achat de notre dette par des investisseurs japonais et plus généralement, par la méfiance envers les Pays du Sud de l’Europe.

Pourtant, nombreux et toujours plus nombreux sont ceux qui sentent bien que la France va mal. Et chacun retient son souffle. La consommation des ménages qui avait toujours soutenu l’activité économique est en panne. On remet à plus tard les achats qui ne présentent pas d’urgence. Pas question de se lancer dans des dépenses superflues ou jugées secondaires. Que le principal et rien que l’essentiel...

L’avenir semble pour beaucoup incertain et on s’attend à un coup de semonce de l’Union européenne sur la baisse des déficits qui ne sera pas au rendez-vous, comme la France s’y était engagée pour 2013. Et le coup de grâce peut venir des marchés financiers dont on connait la versatilité.

Même si le Président se veut rassurant sur l’état de la France qui n’a rien de comparable avec l’Espagne ou l’Italie, que l’utilisation de sa boite à outils va inverser la courbe du chômage à la fin de 2013 et qu’un retour de la croissance se fera en 2014, les Français sont dubitatifs.

Chacun aimerait que l’Histoire s’écrive dans un sens favorable, tout en se demandant si cela ne tiendra pas plutôt du miracle... On ne demande qu’à être étonnés, que la magie s’opère... et que s’éloigne cette pensée obsédante de sentir la France au bord d’un gouffre...

En attendant, comme dans la pièce de Molière "Le Bourgeois Gentilhomme", Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, la France ferait-elle de l’austérité sans le savoir ?

 

Illustration de Korolle

Partager cet article

Repost0
25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 18:54

vache blogQui n’a pas entendu à propos des mesures fiscales ou des réductions de dépenses : « Ce sont encore les classes moyennes qui vont être touchées ! ». Ces remarques maintes fois réitérées, et cela ne date pas que d’aujourd’hui, donnent le sentiment auxdites classes d’être les contributeurs de la société, avec un retour moindre : « Nous, on n’est bon qu’à payer ! » entend-on ici ou là…

Mythe ou réalité ? Les classes moyennes seraient-elles les vaches à lait de notre société ? Selon un sondage de l’institut Harris Interactive pour Marianne en date du 22 février 2013, les Français estiment à 74% que les classes moyennes sont les principales contributrices de l’effort fiscal.

Déjà, il faudra accepter une définition large, pour ne pas dire élastique, de la classe moyenne. Car dans sa partie la plus basse, la classe moyenne flirte avec la précarité et la peur du déclassement social est là, tapie dans l’ombre. Ce qu’on appelle communément un "accident de la vie" peut faire basculer cette partie de la population dans la misère.

Ni vraiment pauvres et surtout pas riches, les classes moyennes concentrent à elles seules une bonne partie de la population française (59 % de la population selon le CREDOC).

Ainsi, vu la masse et les revenus disponibles, OUI, la classe moyenne est celle qui est la plus mise à contribution. Tant pour les prélèvements en tout genre (gel du barème de l’impôt sur le revenu, suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, hausse du forfait social sur les primes d’intéressement et de participation…) que pour la réduction des prestations (allocations familiales et plafond de ressources, probable gel des pensions de retraite…). L’impact est évidemment plus important si l’on touche à cette catégorie et du reste, impossible de l’exclure de tout dispositif malgré les dénégations ou les propos rassurants.

Dans le même temps, que demander à ceux qui ont peu de ressources, voire pas du tout ? Les classes populaires sont certes sollicitées à travers diverses taxes. Mais pour beaucoup, ce n’est pas suffisant : tout le monde devrait participer à l’effort collectif en fonction de ses moyens. Surtout en période de crise.

Quant aux classes riches, celles que l’on dit privilégiées, selon la même étude, les Français pensent à 63% payer trop d’impôts par rapport aux personnes plus fortunées qu’elles. Et même si une ponction supplémentaire ne changerait pas grand-chose à leur train de vie, comme leur nombre est moindre, elles ne règleront jamais les problèmes financiers de la France. Et on voit bien que la taxation à 75 % de la part des revenus au-delà d’un million d’euros par an qui fait figure d’arlésienne n’aurait pas changé le cours des choses. On sait très bien qu’elle relevait du symbole…  Et comme les riches ont toujours la possibilité de quitter le pays, leurs capitaux dans les bagages, on hésite à les taxer trop lourdement. Ce qui n’est pas le cas des classes moyennes, à moins d’un exode massif !

Pourtant les classes moyennes bénéficient aussi des bienfaits de la solidarité. Déjà, en cas de difficultés, elles reçoivent des aides et ce, comme tout citoyen. Elles profitent aussi des services publics : malgré les dégradations que l’on peut tous déplorer, le système de santé français demeure l’un des plus performants au monde… Dans bien d’autres secteurs, les classes moyennes bénéficient des mécanismes de la redistribution ; aides au logement, aides aux TPE et PME...

En revanche, plus la crise progresse, plus la pression se fait sentir sur les classes moyennes et c’est peut-être là le grand danger. Car si les pouvoirs publics redoutent toujours le soulèvement des classes populaires poussées par le désespoir, les classes moyennes ne font pas aussi peur. En principe, elles souffrent en silence, souvent résignées. Contrairement à ceux qui sont dans la précarité, les classes moyennes ont toujours quelque chose à perdre. Et ce relatif confort bloque toute révolte.

Mais jusqu’à quand ? 

 

 

Illustration de Korolle

Partager cet article

Repost0

Bienvenue

  • : Mag' Tutti-Frutti
  • Mag' Tutti-Frutti
  • : Rebondir sur l'actualité sans prise de tête et avec modération. Bonne lecture et n'hésitez pas à laisser des commentaires, votre avis apportera au débat.
  • Contact

Rechercher Un Article

Archives

Catégories

Liens