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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 11:26

manif-prostituees---blog.JPG

capture d'écran BFM 

Depuis mercredi, ont commencé à l’Assemblée Nationale les discussions sur le projet de loi concernant la lutte contre le système prostitutionnel avec, comme mesure phare, la pénalisation des clients. Cette disposition du futur texte a enflammé le débat et chaque camp a présenté ses arguments dont on ne peut ignorer la pertinence.

Parce que la prostitution est un sujet douloureux ; des femmes souvent d’origine étrangère sont sous la coupe de réseaux mafieux, de pauvres filles qui choisissent cette triste activité avec des parcours de drogue, de maltraitance... Et puis, d’autres dont il est difficile d’évaluer le nombre exact, (une petite minorité ?) revendiquent le droit à tarifer une relation sexuelle et elles aussi ont droit à la parole et à notre écoute.

Alors, le débat est difficile car ce n’est pas rien que cette utilisation du corps des femmes (ou des hommes) à des fins sexuelles. Quel parent souhaite cette activité à son enfant, sa chair et son sang, livré à des corps inconnus contre rémunération ? De même, y-a-t-il beaucoup de petites filles qui se disent « j’ai envie d’être prostituée ! » comme elle dirait « je veux être une princesse ! » ?

On entend dire que la société n’a pas à s’immiscer dans les chambres à coucher, chacun peut disposer librement de son corps... A ceux-ci, on peut répondre que la société a le droit et aussi le devoir, de fixer des limites. Ne le fait-elle pas quand elle interdit l’inceste, la polygamie, la GPA (gestation pour autrui) ? Une société peut évoluer, autoriser ce qu’elle avait jusqu’alors défendu ; le Mariage pour tous n’est-il pas le résultat de cette évolution ?  Rappelons que l’homosexualité a été considérée comme un délit jusqu’en 1982 !  

Après, les moyens pour arriver à « l’abolition » de la prostitution, peuvent ne pas être à la hauteur des enjeux. Et c’est peut-être là que le bât blesse le plus !

Parce que pénaliser le client risque de ne pas tarir la demande, mais de changer simplement les comportements. Déjà, (cela commence bien !), les forces de police sont circonspectes quant à l’application éventuelle de la future loi. Mais ce que redoutent les prostituées avant tout, c’est qu’elles risquent de courir un plus grand danger avec des rendez-vous dans des endroits cachés, chez le client... Bref, ce sera la peur au ventre ou le salaire de la peur pour continuer à « travailler ». Avaient-elles besoin de conditions encore plus difficiles ?

Mais, où l’on peut avoir le plus de doutes, ce sont dans les mesures annoncées pour venir en aide à ces filles, pour les sortir de la galère !Certes, il faut reconnaître qu’il y a de bonnes intentions et on peut croire en la sincérité des auteurs du texte et de la Ministre des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, dont on ne saurait reprocher le profond engagement à cette cause.

Oui, ces mesures partent d’un bon sentiment, mais seront-elles à la hauteur ? Toutes les mesures d’accompagnement contenues dans les articles 3 et 4 (mise en place d’un parcours de sortie, un système de protection et d’assistance, un accompagnement social et professionnel) vont-elles être efficaces ? Parce que l’on sait que l’Etat ne dispose malheureusement pas de gros moyens financiers, lesquels risquent de diminuer encore si la situation économique se dégrade, qu’il n’y a pas ou peu de boulot, que les logements sociaux font défaut...

Même cette mesure de régularisation provisoire de 6 mois pour les prostituées étrangères, ne va-t-elle pas décourager les candidates ? Que va-t-il leur arriver après ces 6 mois ? Un renvoi dans leur pays d’origine ? Retour à la case départ ?

Parce que la plupart des filles prises dans les réseaux mafieux sont des filles vulnérables, détruites par des violences physiques, certaines qu’il faudra sortir de la drogue. Cela demandera du temps pour qu’elles se reconstruisent, qu’elles puissent faire une formation professionnelle (les chômeurs ont déjà du mal a obtenir ces formations !) et des moyens financiers, le nerf de la guerre, dont on peut légitimement se demander s’ils seront bien présents et sur le long terme ?

 

Alors, ce dispositif dont on est en droit d’apprécier la teneur, de le critiquer ou de douter, ne devra pas être au mieux, un coup d’épée dans l’eau et au pire, un coup de poignard dans le dos de toutes ces filles !

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 15:48

titanic---blog.jpg

Le modèle social français a été bien longtemps considéré comme une bénédiction pour les Français et voilà qu’aujourd’hui, il serait en passe de devenir son pire ennemi !

Quand on parle de modèle social, on pense immédiatement, tel qu’il a été construit pendant les Trente Glorieuses, aux services publics gratuits et universels, aux assurances sociales collectives ainsi qu’aux prestations d’assistance.http://www.strategie.gouv.fr/blog/2013/09/note-quel-modele-social/

Oui, nous avons chéri ce modèle, il a été très souvent cité en exemple à l’étranger et du reste, notre système de santé n’a-t-il pas été considéré pendant longtemps, comme le meilleur au monde ?

Mais tout cela est en train de tourner au vinaigre et d’une aubaine, nous avons de plus en plus l’impression que ce modèle nous coule. Nous n’avons plus les moyens de ce bel édifice qui se fissure de toutes parts et qui menace ruine si nous n’y prenons pas garde. Il y a urgence à consolider les fondations pour ne pas se prendre l’immeuble sur la tête !

A l’heure où la fiscalité va être remise à plat, nous n’échapperons pas à cette question cruciale. On a ouvert la boite de Pandores et il sera difficile de la refermer, d’autant que des économies sur les dépenses publiques ont été promises, sans autre précision.

Certes, il y a toujours des réformes possibles à faire ; des améliorations dans l’organisation des services, une lutte contre les gaspillages, la suppression de doublons. Bref, un toilettage s’impose et cela ne sera pas le plus difficile à entreprendre bien qu’il y aura ici ou là des résistances.

Ce qui va être un drame ou vécu comme tel, ce sera quand on taillera dans le vif ! Ce sera demain, après-demain, dans un mois, dans un an, mais le jour viendra où la réduction des dépenses sociales s’imposera. Elles représentent 600 milliards d’euros, soit plus de 33% du PIB (produit intérieur brut). On a atteint un chiffre fatidique et s’il n’y avait pas les emprunts pour boucler les fins de mois de l’État, nous serions, tels les ménages surendettés, dans le rouge ! Et le banquier de nous couper les vivres !

Mais, ce que l’on considère comme un système généreux, ce n’est pas non plus Byzance pour les bénéficiaires ! Il n’y a pas de quoi faire bombance avec des allocations chômage ou un RSA socle... Pas non plus de quoi faire la fête avec un minimum vieillesse ou une pension d’invalidité... Du reste, bon nombre de ces personnes ont recours à des associations comme les Restos du Cœur.

Bien sûr, comme tout système, le nôtre peut être pervers et certains d’en profiter au-delà du raisonnable. Et personne ne trouvera à redire de corriger les excès et autres abus.

Ne parlons pas de notre système de santé auquel nous tenons et dont les comptes ne sont plus à l’équilibre depuis belle lurette. Et chacun de constater que nous devons de plus en plus mettre la main à la poche tant les déremboursements sont nombreux.

Alors, Oui, notre modèle social est bien malade. Dire qu’il est agonisant est peut-être excessif, quoique ?

Des efforts seront nécessaires pour sauver ce qui pourra l’être mais surtout, ce qui est le plus malheureux, c’est que nous ne retrouverons peut-être jamais ce que beaucoup appellent l’État-Providence ! C’est certainement le prix à payer de la mondialisation.... 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 15:39

Conference-Varsovie---blog.JPG

Capture d'écran Euronews      

Personne n’a envie de se faire traiter d’égoïste ; le mot et tout ce qu’il comporte de négatif ne peut pas faire plaisir. Et pourtant, il revient sans cesse dans le débat public même si le terme n’est pas employé de manière abrupte pour ne pas heurter et ajouter de la colère à la colère. Du reste, les principaux intéressés ne voudront jamais l’avouer, la tête sur le billot !

C’est ainsi qu’est analysée la colère actuelle des grands céréaliers dont les aides européennes doivent en partie être réorientées vers les éleveurs. On va dire que c’est plus juste mais ceux-ci ont d’autres arguments à faire valoir et d’égoïsme, il n’en saurait être question.

N’y aurait-il pas aussi dans bon nombre des révoltes actuelles un peu, beaucoup d’égoïsme ? Bonnets de toutes les couleurs, poussins, pigeons... Et la difficulté est de séparer l’égoïsme pur (dans le genre, les autres, on s’en fout !) des véritables souffrances qui elles, sont à prendre en considération. Oui la frontière est fragile avec ce que l’on nomme l’instinct de survie. A l’image de ces salariés qui se battent pour conserver leur outil de travail. Ou de ces migrants qui fuient leur pays d’origine pour des raisons économiques ou à cause de conflits.

Mais l’égoïsme n’a pas de limite géographique. N’est-il pas dénoncé régulièrement au niveau européen ? On parle souvent des égoïsmes nationaux qui sont un véritable obstacle à une construction européenne de plus en plus bancale. Mais « le chacun pour soi et Dieu pour tous » a encore de beaux jours devant lui ! Il n’y a qu’à voir le dumping social, et autres concurrences déloyales qui finissent par pourrir les relations entre les Etats membres. A tel point, que les élections européennes vont être le catalyseur de tous les ressentiments et la débâcle pour les Grands partis !

A l’échelon planétaire, cet égoïsme n’est-il pas criant, ne serait-ce que dans la lutte contre le dérèglement climatique ? Si les Pays sont presque unanimes pour dire que la situation est préoccupante, les avancées, elles, sont plutôt timides et fragiles. C’est ce qu’il ressort de la Conférence de Varsovie et l’accord arraché de justesse. Un texte devra voir le jour pour limiter à 2° le réchauffement lors de la conférence de Paris en 2015. Oui, pas de précipitation et au diable les générations futures !

Toutes ces conduites sont-elles blâmables ? Il est toujours simple de dénoncer, de critiquer ce qui semble pour beaucoup d’entre nous, une recherche à préserver notre bien-être. Souvent, du reste, nous ignorons que cette défense de nos intérêts se fait au détriment de celui des autres. Que la somme de ces égoïsmes peut finir par ruiner une société, créer de tels déséquilibres et mener aux pires injustices.

C’est à nos dirigeants de lutter avec discernement contre ces égoïsmes, de faire le tri entre les revendications qui sont légitimes et celles qui ne le sont pas. Mais à ce niveau, il faut savoir aussi s’appliquer la règle à soi-même. Et là, on voit que les choses ne sont pas aussi simples. Il n’y a qu’à voir la loi sur le non-cumul des mandats où nous citoyens, nous ne savions plus si effectivement le cumul allait dans le sens de l’intérêt général ou si le non-cumul allait conduire au non cumul des avantages divers et variés ?

Oui, c’est un combat de tous les instants que de lutter contre les égoïsmes. Mais c’est aussi un impératif pour que ne se brise pas contre le mur de l’austérité, notre contrat social.  

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 12:13

Abdelhakim Dekhar a été arrêté après trois jours de chasse à l’homme dans la région parisienne et c’est le soulagement qui domine aujourd’hui.

Mais tout ce qui a eu lieu pendant ces heures de folie médiatique, le bon comme le mauvais, se reproduiront à la moindre occasion, au moindre fait divers... Pourtant, beaucoup sont à dénoncer avec raison l’emballement médiatique, comme le très bon article de Guy Birenbaum sur le Huffington Post d’hier (http://www.huffingtonpost.fr/2013/08/21/guy-birenbaum-bashe_n_4314892.htmlMalheureusement, c’est peine perdue, un coup d’épée dans l’eau...

Les médias ne pourront jamais résister à se saisir d’un tel événement. Un homme qui surgit de nulle part et tire dans tous les sens, blessant grièvement au passage un assistant photographe à Libération, est un miracle médiatique ! Et plus particulièrement pour les chaînes d’information en continu qui, en temps ordinaire, n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent, pas de quoi mettre le feu à l’audimat. Et là, tout d’un coup, un Abdelhakim Dekhar secoue la France entière et c’est une bénédiction ! S’ensuivent les interviews de tous les experts en psychologie criminelle, les policiers, les politiques alors que l’on ne sait rien ou presque rien. Quelques images dans les locaux de BFM et l’on échafaude toutes les théories, pas forcément bonnes et pas non plus fausses.

Pour les experts, dans ce déluge d’opinions diverses et variées, il y aura toujours du vrai qui aura été mis sur la table et dont ensuite, on saura tirer un certain profit : « Ah vous avez vu, mon analyse était juste ! » Peut-être un coup de bol ? Mais ce n’est pas grave, celle ou celui qui aura eu la meilleure interprétation verra sa cote médiatique relever d’un coup et à la prochaine occasion, il ou elle reviendra sur les plateaux de TV pour une autre analyse. Après s’il met à côté de la plaque, ce sera la mise à l’écart, c’est l’impitoyable sanction de l’univers médiatique.

Pour les politiques, on dit qu’ils pourraient être plus sur la réserve. Mais entre le besoin de se faire un petit coup de publicité, publicité bienvenue dans cette période de disette de popularité, mieux vaut ne pas être en retrait. Et puis, les médias eux-mêmes sont insistants et ne rien dire risquerait de passer pour de l’incompétence ou de l’indifférence... Alors, ils recommenceront... D’ailleurs, ont-ils vraiment le choix ?

La psychose engendrée par cette chasse à l’homme est inévitable et elle aussi, recommencera dans les mêmes circonstances. Difficile d’échapper à l’homme visible dans tous les médias et dont, de surcroit, il nous faut aider à l’identification. Évidemment, ce n’est pas simple car il peut y avoir des mouvements de panique. Imaginons un homme ressemblant vaguement à l’image dont on ne peut pas dire qu’elle était d’une grande netteté, aurait toujours pu créer de la peur avec des conséquences graves (une panique dans les rues, dans le métro ou à l’inverse, un lynchage). Mais cela est un risque à prendre car en retour, ces systèmes de vidéo ont encore montré leur efficacité ainsi que l’appel aux citoyens. Donc, cela aussi recommencera...

Là-dessus, le rôle des réseaux sociaux sera toujours le même. Les informations défilent comme l’éclair, chacun y allant de son analyse et la retweetant presqu’à l’infini avec des risques d’erreur, de dérapages... Parce que les 140 mots, ceux qui créeront le buzz, est là tout l’essentiel...

A présent, toutes les polémiques et autres théories du complot vont faire partie du jeu médiatique ! Cela va de pair avec tout le reste, et de ce que l’on entend souvent « On ne nous dit pas tout ! ».  

Alors, Oui, c’est ainsi : tout ce que nous venons de vivre avec cette affaire, recommencera tant que nous y participerons de manière active ou passive....

 

A nous de prendre de la distance, d’être concernés bien évidemment par ces événements sans pour autant sombrer dans le grand n’importe quoi. 

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 12:04

victoire des Bleus contre Ukraine - blog

Capture d'écran FFFtv

Contre toute attente, l’équipe de France a gagné contre l’Ukraine (3-0) et ce fut un beau moment de communion ! L’hymne national a même été chanté à tue-tête dans le stade, un rare moment d’harmonie dans notre société en proie à la colère et à la désillusion...

Comme le dirait le proverbe « une hirondelle ne fait pas le printemps », il faudra du temps et d’autres victoires pour que le retour de la confiance dans les Bleus ait lieu. Et qu’au Brésil, il ne nous refasse pas le coup de la grève et autres caprices de star...

Et si d’autres signes venaient à-propos pour redonner le moral à notre pays englué dans une crise qui n’en finit pas de dérouler ses plans sociaux et autres déconvenues...

Comme l’a indiqué le Président de la République après la victoire des Bleus « Un entraîneur ça compte ». Oui, il a raison ; c’est l’entraîneur Didier Deschamps qui a bien préparé le mental des joueurs maniant un coup l’autorité et un autre, les encouragements. « C’est dans la tête que cela s’est joué » a-t-il lancé à l’équipe dans les vestiaires.

Oui, cette victoire qui a été rendue possible par la combinaison du talent des joueurs, de leur motivation et de l’autorité de leur entraîneur.

Et pour les Français ? On sait que des talents existent ; il n’y a qu’à voir le nombre de jeunes entrepreneurs qui ont exposé leur projet de start-up devant un jury composé de Xavier Nient, le fondateur de Free (Iliad), Marc Simoncini (Meetic) et Jacques-Antoine Granjon, (vente-privee.com). Il est utile aussi de rappeler que notre Pays possède des secteurs performants comme l’aéronautique, les transports, la pharmaceutique.... La liste est loin d’être exhaustive car les talents sont partout. Alors, comme cette initiative de ces géants du Net, il faudrait d’autres signes pour que tous ces talents puissent éclore. Libérer les énergies a souvent été un slogan de campagne pour mieux les étouffer ensuite ! A quand le choc de simplification ?

Pour la motivation, c’est plus compliqué. Beaucoup de doutes, de colère et autres déceptions, autant d’éléments qui ont entamé cette envie d’avancer tous ensemble. Le climat est devenu lourd, c’est plutôt l’envie d’en découdre qui pour le moment semble prévaloir. La société est déchirée, et le fameux vivre-ensemble devient le détester-ensemble ! Mais avec de la patience, de la détermination et des efforts du plus grand nombre, les choses peuvent changer. Là aussi, un signe pourrait être donné pour que nous allions tous ensemble dans le même sens, pas en ordre dispersé ou pis, en sens inverse. Quel signe ? Peut-être cette Union nationale dont rêvent certains mais qui pour le moment, tant que nous ne sommes pas encore dans le mur, est rejetée, quand elle n’est pas moquée...

Et le signe que l’on devrait tous attendre, c’est celui de l’entraîneur ! Il est réclamé à cor et à cri ; donner un cap à cette France qui va mal. De la lisibilité à une politique dont donne l’impression de zigzaguer, vous savez comme ces routes de montagne dont les virages vous finissent par vous donner la nausée !

Oui, un signe, rien qu’un signe mais un signe fort pour faire repartir cette France à l’arrêt et au bord du chaos... 

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 11:50

heros-d-un-jour-Francis-Collomp---blog.JPG

Le Héros du jour sera donc Francis Collomp ! Cet ex-otage français semble avoir réussi l’exploit de sortir, seul, des griffes de ses ravisseurs, le groupe islamiste Ansaru.

Ce fut, dans une moindre mesure, ce jeune professeur d’histoire qui, lors des commémorations du 11 novembre sur les Champs-Élysées, s’est opposé aux manifestants qui troublaient le bon déroulement de la cérémonie par des huées et autres slogans.

Mais on pourrait citer également, cette jeune femme déléguée FO du groupe DOUX qui le 15 octobre dernier s’est emportée contre les élus auxquels elle reprochait de n’avoir rien fait. Il y eut aussi Édouard Martin, cet ouvrier de Florange qui hurlait sa colère contre l’entreprise ArcelorMittal...

On pourrait citer bien d’autres exemples de ces personnes ordinaires qui par leurs actes ou par leurs paroles sont sortis de l’anonymat pour prendre le temps d’une journée ou plus, le statut de héros.

On ne peut pas nier que le battage médiatique fait autour de ces personnes soit pour l’essentiel dans cette brutale célébrité. Du reste, pour beaucoup, ces héros sont apeurés devant les caméras et on a pu voir la gêne de Thibault, le professeur d’histoire, passant d’un plateau de TV à un autre, racontant son exploit dont on sentait qu’il en doutait lui-même... Certes, il avait eu une réaction de colère face à ceux qui empêchaient le bon déroulement d’une cérémonie où la dignité était de mise. Mais après, cette surexposition était un peu surréaliste et ce professeur a certainement été soulagé de retourner dans l’ombre...

En revanche, ces héros d’un jour interpellent aussi sur notre besoin d’admirer et de saluer le courage pour l’un, la détermination et l’autorité pour un autre... Bref, tout ce qui semble avoir déserté nos élites ! Elles sont de plus en plus contestées, que ce soit dans le domaine politique, économique... Et dernièrement, les sportifs et cette défaite des Bleus qui ne va pas améliorer l’image, à moins d’un exploit mardi !

Alors, ne pourrait-on pas dire que ces héros d’un jour sont devenus ceux qui nous permettent encore de croire en notre société. Qu’il y a des personnes qui résistent ici ou là : l’un pour sauver une usine, un autre l’autorité d’un pouvoir en mal de popularité, un autre encore qui se met en danger pour retrouver sa liberté.

Oui chacun à sa manière fait preuve d’un courage, lequel courage n’est pas suspecté d’opportunisme, comme il pourrait l’être d’hommes ou de femmes politiques ou encore, d’hommes d’affaires en mal de pub. Non, là, c’est le naturel qui est plébiscité et honoré, même si c’est le temps d’une journée...

Des héros ordinaires, il y en aura toujours, mais il serait temps aussi que nous puissions admirer d’autres personnes que des anonymes.

 

Ce pourrait être un gouvernement qui nous sorte enfin de cette crise économique et morale qui désespère tout un pays, une équipe de France de football qui renoue avec la victoire et nous donne à rêver comme ce fut le cas en 1998.... 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 15:32

match Bleus - Ukraine

Capture d'image LCI

La défaite des Bleus (battus 2 à 0) hier soir contre l’Ukraine a fait réagir les commentateurs sportifs qui ont mis en avant un manque d’envie de l’équipe de France.

Ce n’est pas la première fois que cette raison est invoquée pour expliquer un échec et pas uniquement dans le domaine du football.

Comme si le fait de gagner beaucoup d’argent, de travailler dans des conditions très favorables retirait toute envie de se battre. Le confort serait, non pas une source de motivation, mais plutôt un frein pour ne pas dire un obstacle.

Et si ce manque d’envie se retrouvait dans d’autres secteurs de la société. Des entreprises qui vivent sur leurs acquis, ne se remettant jamais en question et qui finissent par décliner. Prendre des risques, c’est ce que font beaucoup d’entrepreneurs mais quand vous êtes en haut de l’affiche, n’y-t-il pas une certaine apathie qui se crée, un enthousiasme qui s’érode ? (LA REDOUTE...http://www.magtuttifrutti.com/article-economie-le-manque-d-anticipation-qui-coule-nos-entreprises-121016871.html).

Dans le même sens, n’est-ce pas ce qui arrive aussi à nos dirigeants depuis des décennies ? La France est comme un lourd paquebot difficile à manœuvrer ; on évite les écueils, préférant l’immensité d’un océan par temps calme. Et puis, le vent se lève, la mer se déchaine et le paquebot est maintenu à flot tant bien que mal. N’est-ce pas la France d’aujourd’hui avec ce manque de motivation pour anticiper des événements plus graves. Et puis celle qu’on n’attendait pas, la vague scélérate capable de faire chavirer le navire, va nécessiter du Capitaine de se battre contre les éléments. Alors c’est peut-être cela qu’attendent nos dirigeants, d’être au pied du mur pour réformer tout ce qui doit l’être et qui ne l’est pas, faute de motivation...

Il est aussi des cas où le manque d’envie n’a rien à voir avec le confort. Ce peut être le cas de chômeurs qui se découragent à force de chercher en vain, encore et encore... Des jeunes sans emploi qui avaient, au départ, l’enthousiasme et une énergie folle. Et puis, de refus en refus, de stages en stages qui ne débouchent sur rien, la lassitude s’installe et la motivation s’émousse peu à peu. Mais ce peut-être aussi des hommes et des femmes de 50 ans et plus qui ont perdu leur job et qui se battent pour en retrouver un autre, à coup de formations et de stages pour au bout du compte, encaisser déceptions sur déceptions ! Alors Oui, l’envie peut ne plus être au rendez-vous après des mois et des années de galère.

Mais c’est aussi le petit artisan ou le petit commerçant qui se bat jour après jour pour faire vivre son entreprise et qui voit son carnet de commandes se réduire peu à peu, ses charges s’alourdir et parfois, comme si cela ne suffisait pas, un client qui fait défaut. Et la descente aux enfers avec la banque qui refuse de suivre, les organismes publics qui se font pressants...

L’envie ne se décrète pas ; on peut l’encourager, l’accompagner, la guider. Et parfois, admonester comme on le ferait envers un enfant gâté qui se montre trop capricieux.

 

Alors les Bleus, vous savez ce qu’il vous reste à faire ?  

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 12:26

bercy---blog.JPG

Et si aujourd’hui, c’était Bercy, le Ministère de l'Economie et des Finances, qui était devenu le lieu de toutes les rancœurs des citoyens, comme la Bastille l’avait été pendant la Révolution de 1789 ? Si ce bâtiment dont un commentateur politique, sous forme de boutade, trouvait qu’il ressemblait à un énorme portique écotaxe était devenu le symbole de l’arbitraire fiscal, comme la Bastille celui de l’arbitraire royal.

Imaginons un long cortège hétéroclite de tous les révoltés de la fiscalité, partant de la place de la Bastille au quai de Bercy ; des bonnets rouges contre l’écotaxe, des petits artisans et commerçants contre la future TVA sociale, les pigeons, les poussins, les employeurs de salariés à domicile et de travaux de jardinage, des épargnants, des consommateurs de bière.... Oui, il y aurait une foule immense et à la place des piques (on a évolué !) ce serait de larges banderoles, des invectives et des poings levés !

Les experts de la politique ne pensent pas que les conditions de cette Révolution soient réunies, pas de coagulation des mouvements et pour le coup, on pourrait pousser un OUF de soulagement ! Car ne soyons pas dupes ; qui dit Révolution dit de la violence et du chaos. Et cette fois, on n’en serait plus à se demander où il faudrait faire des économies ou à se préoccuper de notre compétitivité ! Le pays serait paralysé, non pour quelques jours voire quelques semaines, mais pour des mois et des années... A part quelques fondus qui tenteraient bien un suicide économique et social, la grande majorité n’en est pas là...

Mais, ce n’est pas parce que la Révolution fiscale n’aura pas lieu, que pour autant, il ne faut pas prendre en considération la colère qui monte et qui n’est pas sans conséquence ;

Beaucoup de politiques craignent une déculottée monumentale aux futures élections et la fiscalité tous azimuts montrent ses limites. Du reste, on entend les économistes seriner matin, midi et soir la formule « Trop d’impôt tue l’impôt » ! A tel point que l’argent n’entre plus aussi bien dans les caisses de l’État ; de plus en plus d’entreprises déposent le bilan, d’autres choisissent la délocalisation, d’autres encore préfèrent travailler moins (professions libérales), le travail au noir repart à la hausse, les consommateurs freinent leurs achats... A cela, le gouvernement semble répondre : « Tout va bien Madame la marquise !» alors que le château est en train de brûler !

Car, si l’impôt est indispensable pour le fonctionnement d’un Pays, il en est même le cœur, il doit être aussi établi de manière juste, cohérente et surtout, être le plus stable possible. Car si la nécessité de l’impôt fait encore consensus, pour le reste, le compte n’y est pas !

Les citoyens pensent que l’impôt n’est pas juste (81% des Français trouvent le système injuste selon un dernier sondage). C’est vrai que les mécanismes donnent la sensation d’une vraie usine à gaz et qu’une chienne n’y retrouveraient pas ses petits, notamment pour les niches fiscales ! Ces dernières sont souvent pointées du doigt pour leur inefficacité économique et souvent faites pour céder à des lobbys et autres cadeaux politiques... A quand la grande réforme fiscale promise ?

Pour la cohérence, ceux qui ont pu regarder l’excellente émission diffusée sur France 3, le lundi 24 novembre, TOUT PEU CHANGER « Impôts : la grande injustice ?» présentée par Laurent Bazin, ont pu se faire une idée sur la question. Il n’y a qu’à voir l’imagination débordante, pour ne pas dire démoniaque, des fonctionnaires de Bercy qui, tels des Docteur Folamour, concoctent une taxe par-ci, une taxe par-là. A la fin, on comprend que nous avons plutôt affaire à une diarrhée fiscale qu’un système cohérent ! Ne parlons pas des négociations de la loi de finances où l’on assiste à une lutte de chiffonniers et les comptes d’apothicaires qui s’ensuivent.

Par ailleurs, la stabilité fiscale est peut-être, plus que la pression fiscale, la principale revendication des entreprises. Et là, il y a pas mal de boulot. En discutant avec un chef d’entreprise, il se plaignait d’être toujours sur le qui-vive, que les taux étaient sans cesse modifiés et les demandes d’arriérés étaient une vraie plaie. Si on voulait couler le premier employeur privé de France (les PME-PMI), on ne s’y prendrait pas mieux !

Si la situation est grave, très grave même, elle n’est pas encore désespérée. Avec beaucoup d’efforts et un courage de l’ordre de l’héroïsme, nos dirigeants devraient avoir pour mission de faire aimer l’impôt, comme au Danemark où le mot « skat » peut aussi être utilisé comme un surnom tendre ! 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 10:07

doc campagne intime - blog

Capture d'écran D8

La palme du reportage télé, qui a le plus fait parler de lui cette semaine, serait sans nul doute décernée à « Campagne intime », de Farida Khelfa. L’ex-mannequin, amie et témoin de Carla Bruni Sarkozy lors de son mariage avec notre ancien Président, a posé sa caméra amateur dans les appartements du couple présidentiel, pendant les 4 mois qui ont précédé mai 2012, et de la défaite de l’UMP et de la victoire socialiste.

Comme beaucoup de Français, j’étais partagée entre la curiosité et la perplexité. J’ai attendu pendant presqu’une heure que dure ce « reportage » un peu brouillon, que les choses se mettent en place véritablement et de comprendre l’intérêt d’une telle démarche. En vain. J’ai eu le sentiment que quelqu’un avait retrouvé la caméra privée des Sarkozy et avait diffusé les morceaux de leur vie, tels quels.

On a peu l’habitude de voir à la télévision des reportages ne contenant ni commentaires, ni fil conducteur et avec une qualité de cadrage d’image et de son aussi déplorable. Bref, des bouts de l’intimité d’une famille auxquels on assiste, presque gênés ; Carla à la guitare ou fumant cigarette sur cigarette en attendant la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle, Nicolas jouant avec son bébé ou répétant ses discours devant ses ministres.

Voir l’ancien couple présidentiel en peignoirs en train de cajoler leur adorable fille donne parfois la sensation d’assister à un mauvais épisode de téléréalité. On peut reconnaitre une chose ; c’est que ce petit film dépeint le portrait d’une famille sympathique et humaine. On y voit un Sarkozy calme, posé et presque philosophe, loin de son image de colérique et de petit nerveux, qu’on lui connaissait jusqu’à présent. Et une Carla, femme dévouée et amoureuse (peut-être un peu trop même pour certains !)

Comme beaucoup, je m’interroge enfin, sur le choix de la date de diffusion. Plus d’un an après son tournage, tout de même. Certains y voient une sorte de publicité annonçant un possible retour en politique de l’ex-chef de l’Etat. Un moment aussi où son adversaire, François Hollande, vit un record d’impopularité sous la Vème République. Et puis surtout, un mois après que la justice a rendu un non-lieu en faveur de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt...

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 14:49

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Alors que l’on commémore la mort du Général de Gaulle (22 novembre 1890 – 09 novembre 1970), la question peut se poser de l’homme providentiel dont on ne peut nier qu’il en est l’un des plus dignes représentants. Du reste, depuis, on le cherche... sans le trouver...

Car, avec la crise ou la mutation économique qui touche notre pays, on aimerait qu’il arrive, ce Sauveur ! Enfin, aujourd’hui, il pourrait être un homme ou une femme, on a évolué quand même ! Et là, il ou elle saurait trouver les mots pour apaiser les tensions vives dans la société, nous rassurer sur un avenir qui semble s’assombrir au fil des mois. Et il ou elle saurait prendre les décisions qui propulseraient notre pays parmi les plus prospères de la planète...  

Mais où-t-il cet homme ou cette femme ? On l’attend, on l’attend...  On cherche, on pense en tenir un, puis un autre... et puis non, pas celui-là, non, pas celle-là. Aujourd’hui, l’économiste Jacques SAPIR suggère au Président de la République de nommer à Matignon, le Sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement : il serait l’homme de la situation. Hier, c’était Nicolas Sarkozy qui faisait figure de cet homme providentiel. Mais cette recherche ne s’arrête pas la France ; Barack Obama a lui aussi eu ce rôle lors de son élection ; beaucoup d’espoirs ont été placés en lui, espoirs, pour la plupart, déçus...

Rien ne semble faire émerger ce héros des temps modernes ; aucun signe tangible, aucun bruissement, rien de rien.

A-t-on cassé le moule ?

Ou la situation n’est-elle pas suffisamment catastrophique pour voir surgir notre héros ? Faudrait-il qu’il y ait du sang versé, une famine, une guerre ? Peut-être. Nous ne sommes peut-être pas encore arrivés à une situation si désespérée qu’un réveil brutal de nos élites favoriserait la venue d’un génie, d’un surhomme... Car, par le passé, ces hommes providentiels se sont manifestés dans des circonstances historiques dramatiques : Napoléon Bonaparte, le Général de Gaulle, Gambetta (cf. l’historien Jean Garrigues « les hommes providentiels. Une histoire bien française »)

Pour le moment, cette femme ou cet homme providentiel somnolerait-il, se laisserait-il aller dans le confort d’une vie tranquille ? Et d’un coup d’un seul, parce que les événements l’exigeraient, il ou elle bondirait de son siège, sortirait de l’ombre et viendrait mettre un terme à la débâcle économique et sociale...

On peut toujours rêver, cela ne coûte rien....

Ou alors, comme le pense l’écrivain Alexandre Jardin dans « Mes trois zèbres », avec son appel au « Charlisme » ! Notre salut viendrait de la société civile, nous serions tous et toutes des hommes et des femmes providentiels potentiels qui, par nos idées, nous sortiraient de l’impasse... Soit !

En attendant, il faut continuer à faire face aux défis présents et à venir. Avec ceux qui sont en place et ceux qui suivront...

 

Ne pas perdre notre temps et notre énergie à chercher ce qui n’existe pas ou n’existe plus. Mais surtout, prenons garde aux imposteurs, ceux qui veulent nous vendre du rêve et qui nous décevront... 

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