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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 12:29

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Le secret serait-il devenu suspect dans nos sociétés modernes ?

C’est ainsi que l’avocat pénaliste, Eric Dupond-Moretti, a qualifié le secret professionnel, dans son entretien avec Jean-Jacques Bourdin sur la chaine BFM TV de ce jour. Il a même élargi le débat en évoquant une société de la « transperçance » la plus absolue où le secret par définition est suspect.

Le néologisme emprunté n’est pas sans interpeller. « Transperçance » pour aller au-delà de transparence ; c’est percer de part en part avec la notion de souffrance.

En serions-nous arrivés là ?

On peut dire que rien que le terme de secret contient en lui les germes de ce que l’on veut cacher, enfouir, faire taire… En somme, de prime abord, tout ce qui a de plus négatif !

Pourtant, dans le secret, il y a aussi du positif et de la protection.

C’est justement ce qu’il ressort du secret professionnel des avocats, des professionnels de la santé et d’autres secrets réglementés par la loi. On parle là de confidentialité et de protection dont chacun veut bénéficier à titre individuel. Qui a envie que son dossier médical se retrouve à la vue de tous sur le net ? Qui ne serait pas révolté si tout ce qu’il avait dit à son avocat dans le cadre d’un divorce, d’une succession ou de tout autre litige soit balancé sur la place publique ?

Mais alors, où est le problème avec le secret ?

Le secret a aussi sa face noire, celle des choses que l’on dissimule pour de mauvaises raisons. Au nom du secret, il a été dit et commis tant de méfaits ! Au nom du secret des affaires, que de magouilles ainsi dissimulées, d’ententes illégales… Et ne parlons pas du sacro-saint secret d’Etat et des intérêts supérieurs de la Nation, on a pu se livrer à toutes sortes d’action, plus ou moins glorieuses. Là, on est dans « le circulez, il n’y a rien à voir » et on peut parier qu’il en sera toujours ainsi, l’intérêt de la France prime ainsi que sa sécurité.

Mais, à quelques exceptions près, il semblerait bien qu’au fil du temps, on a eu la peau de ce qui a longtemps prévalu dans notre société : la culture du secret et la loi du silence !

Et des affaires sont sorties par la voie de la Justice ou par voie de la presse d’investigation ; des affaires Cahuzac, Karachi, Tapie…

Le développement des médias a contribué à repousser les frontières du secret de plus en plus érigé en mal absolu. Du silence est d’or, on est passé à la parole est d’or ! Le 10 mars dernier, sur le plateau de Mots Croisés, le journaliste du monde, Gérard Davet,  parlait d’un grand nombre d’informateurs pour établir la réalité des écoutes de l’ex-Président Nicolas Sarkozy ! On est dans l’époque où tout le monde veut parler, vider son sac, parfois cela va même jusqu’à « je ne sais rien mais je vous dirai tout ! » !

Et cette soif de transparence ! Transparence dans les affaires, transparence en politique, même si cela doit confiner au voyeurisme ou à la fameuse « transperçance » ! Savoir ce qui se passe de l’autre côté du miroir, sonder les âmes et les cœurs…

Oui, le secret, quel qu’il soit, aura de plus en plus de mal à coexister avec le besoin viscéral de transparence. Le secret qui fait l’objet d’une protection légale verra certainement celle-ci être renforcée.

 

Quant au reste, les petits et les grands secrets, ce sera une sorte de jeu du chat et de la souris ! 

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 15:56

Ah, c’est toujours la ritournelle entendue dès qu’un homme politique se retrouve dans le collimateur de la Justice. Et la question qui revient en boucle ; cette Institution, celle à laquelle on recourt dès qu’un litige se présente, est-elle instrumentalisée ?

Là, il s’agit des écoutes d’un ancien Chef de l’Etat et de son avocat et on entend les mots de manipulation, complot, manœuvres ! Mais hier, c’était l’affaire Bettencourt, et demain il s’agira peut-être d’une autre instruction…

Et le doute de s’installer parmi les citoyens sur un manque d’objectivité des magistrats, ce qui serait grave pour notre démocratie…

D’un côté, les Juges qui travaillent sur les dossiers concernant des politiques, sont suspectés de se livrer à une chasse à l’homme intolérable. Et à l’inverse, s’ils ne font rien, on dit tout de suite « les loups ne se mangent pas entre eux » et qu’il y a connivence. Du reste, n’est-ce pas ce qui s’est passé lors du rejet de la levée de l’immunité parlementaire du sénateur Serge Dassault ? C’était la traque à ceux qui avaient pu prendre une telle décision, sénateurs de droite et de gauche, dans ce qui était considéré comme de la complicité !

Les magistrats ont comme tout citoyen des convictions politiques et bien évidement, celles-ci ne doivent pas parasiter leur travail. C’est une question d’éthique et dans le recueil des Obligations déontologiques des Magistrats, il est question d’intégrité, de probité, d’impartialité… Là, on est dans l’évidence et c’est au Conseil Supérieur de la Magistrature de sanctionner tout manquement…

Mais dans toutes ces affaires où un homme politique est mis en cause, on revient toujours un peu à la même violation, celle du secret de l’instruction (article 11 du code de procédure pénale). Ce principe qui garantit la présomption d’innocence semble ne plus exister et c’est peut-être là, le plus grand drame. Comme le faisait remarquer sur le plateau de BFM TV, le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon reçu par Jean-Jacques Bourdin : « le secret de l’instruction est un vieux souvenir, une aimable marotte… ».

Oui, la présomption d’innocence garantie par le secret de l’instruction finit par avoir elle aussi du plomb dans l’aile. Ce n’est pas parce qu’une instruction est ouverte que celui ou celle qui en fait l’objet est coupable et qu’il y aura procès !  

Du reste, combien d’affaires se dégonflent ? Beaucoup, il semblerait. Trop, au bout du compte pour que l’image de la Justice n’en sorte pas abîmée ! Quand on est le témoin d’un grand déploiement des forces de la Justice sur une affaire donnée et qu’à la fin, il n’en reste rien, on peut s’interroger ! Certes, on peut dire que les juges savent corriger le tir mais on ouvre aussi les portes à toutes les thèses complotistes…

Pour sa part, le politique mis en cause peut passer pour la victime d’une justice aux ordres ou alors, selon la citation "calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose", un coupable…

Laissons les juges bosser leurs dossiers en toute indépendance, cette indépendance dont tout dirigeant doit se faire l’ardent défenseur…

 

 Et garder à l’esprit que nul est au-dessus des lois, mais pas non plus en-dessous !

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 11:41

IMGP9815

C’est un sujet récurrent que cette proximité des journalistes et des personnages publics avec le « Je T’aime moi non plus » de la célèbre chanson de Serge Gainsbourg !

Parce que les personnalités ont besoin des feux des projecteurs pour se faire non seulement connaître, mais également pour rester en haut de l’affiche. La presse aide à sortir de l’anonymat et pour un artiste, un article, un reportage et c’est une carrière qui démarre et qui prend son envol. On est dans le gagnant-gagnant, une presse qui doit vendre des articles pour exister.

Et ceux-là même qui ont goûté à la médiatisation ont parfois besoin pour relancer une carrière en panne d’un petit coup de pouce médiatique. Alors, mise en scène et c’est reparti comme en quarante !

Mais cette traque permanente peut finir par exaspérer ceux qui étaient consentants au départ. On entre dans ce que certains ressentent comme une intrusion inacceptable dans leur intimité… Alors, chacun a ses parades pour éviter les paparazzis, et parfois, on a droit à des spectacles désolants de personnalités pris au piège comme le serait un animal dans un collet !

Et voici, que les politiques ont fait leur entrée dans cette même spirale, dans cette quête à la photo volée et autres révélations « croustillantes ». Le Président de la République en a fait les frais mais il n’est pas le seul. Il y a eu les photos volées du Ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, et sa compagne, la comédienne Elsa Zylberstein. Il y a peu de temps, les moteurs de recherche se sont emballés sur le couple Sapin que l’on dit séparé suite aux vacances de celle-ci avec l’ex-compagne du Président, Valérie Trierweiler ?

Cette attitude des journalistes que l’on dit nouvelle n’est pas due au fruit hasard. Les politiques ont lentement cédé à la tentation du crépitement des flashs quitte à se brûler les ailes.

Combien ont ainsi mis sur le devant de la scène leur famille afin de se rendre plus proche des électeurs ? Lebesoin de normalité qui n’avait pas cours il y a plusieurs décennies est devenu plus pressant, pour se transformer en la course de celui qui sera le plus sympathique.

Evidemment, mettre le doigt dans l’engrenage médiatique n’est pas sans risque. Sous couvert du droit à l’information, les journalistes se sont peu à peu arrogé des droits qu’ils se refusaient hier encore.

Parce que les discours sont devenus plus creux, des promesses non tenues, des engagements trahis, les journalistes qui ont senti la désaffection continue du public, ont préféré se rabattre sur le côté plus personnel. Comme pour les artistes, le besoin de sensationnel habite le lecteur et son côté voyeur. Il n’y a qu’à voir le succès des numéros du magazine Closer consacrés à la romance du Chef de l’Etat et de l’actrice Julie Gayet. Du reste, en l’absence de toute parole pour affirmer ou infirmer l’idylle, la jeune femme vit l’enfer de la traque !

 

Oui, les politiques  sont devenus des people comme les autres ! 

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 16:02

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Capture d'écran BFMTV

Les enregistrements en catimini de Patrick Buisson d’entretiens avec l’ancien Chef de l’Etat et son entourage, au-delà même de leur caractère illégal (Nicolas Sarkozy et son épouse viennent de déposer plainte), posent bien des questions

La première interrogation et la même que lors de l’affaire Gayet, c’est la protection du Président de la République. Comment a-t-on pu ainsi enregistrer à son insu le Premier personnage de l’Etat pendant toutes ces années sans aucune détection, aucun doute ?

Parce que, si pour le moment, ce qui est sorti dans la presse ressemble plus à du vaudeville qu’à une affaire d’Etat, que peuvent contenir les autres enregistrements ? Allons-nous vers un scandale, des écoutes sur des secrets d’Etat ?

Si l’on a entendu que ces enregistrements étaient une « assurance-vie », les bases pour un verbatim, ils auraient pu tout aussi bien servir à des fins beaucoup moins "inoffensives". Du reste, par le fait même que les bandes aient été volées, elles auraient pu tout aussi bien être subtilisées pendant le précédent quinquennat et avoir un tout autre destin ; marchandage, vente d’entretiens à des autorités étrangères, à des groupes commerciaux ? On peut tout imaginer, car ce qui sort de l’Elysée peut valoir de l’or et pour la France, des incidents diplomatiques et autres scandales !  

On peut aussi s’étonner de l’influence de ces conseillers de l’ombre qui vont et qui viennent. Ce sont des hommes ou des femmes qui n’ont aucun mandat et qui semblent pouvoir peser sur la politique. Certes, un Chef de l’Etat a son libre arbitre mais quand même, on se rend compte de leur influence, qu’elle soit positive ou négative. Du reste, des élus UMP avaient dénoncé la « ligne Buisson » lors de la campagne de la présidentielle de 2012 ! Ces individus peuvent devenir des sortes de gourous avec un pouvoir dont nous pourrions penser légitimement qu’il est exorbitant…

On n’aura plus de doute sur le monde de la politique qui est violent, cruel et déloyal... Où l’on peut encenser par devant une personne et la mettre plus bas que terre par derrière ! Des mots comme « calamiteux », « nul » et autres qualificatifs ont dû être appréciés par les principaux intéressés ! Certains ont montré leur indignation, d’autres en ont plaisanté pour ne pas perdre la face, mais tous auront été stupéfaits par le procédé. Et puis, cet homme considéré comme un traître, personne ne le connait plus, il y a une sorte d'amnésie collective.

Et si l’on avait encore des illusions sur le bon esprit qui règne parmi les membres d’une même famille politique, elles risquent bien de s’évanouir au fur et à mesure des révélations. Parce que nous avons de plus en plus l’impression d’un vrai panier de crabes où l’on est en droit de se demander si certains sont choisis pour leurs compétences ou pour des raisons de tactique purement politicienne ?

Cette affaire qui s’ajoute à d’autres ne va pas manquer de ternir un peu plus l’image du monde politique, même s’il faut toujours se garder de mettre tous les élus dans le même panier.

 

Et pourtant, l’envie de céder aux Tous pourris doit tarauder plus d’un électeur qui pourrait bien se réfugier dans l’abstention ou donner sa chance à des partis extrémistes… 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 11:35

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Capture d'écran France24

Alors que les dirigeants russes ont envoyé des troupes russes en Crimée et que bon nombre de nations dénoncent la violation du droit international, on assiste à un bras de fer dont on ne sait encore quelle en sera l’issue. Quoique !

Sur le terrain militaire, si le conflit devait s’envenimer, à part les Ukrainiens, qui irait défendre les frontières de cet Etat ? Qui peut décider si cette nation doit rester unie ? Ce sera bien à l’Ukraine de décider de son sort par la voix du peuple, à condition que la procédure de consultation ne soit pas entachée de fraude…

Mais ce qui semble être l’arme la plus redoutable pour tous les pays qui se mettent hors du jeu des règles internationales, c’est bien l’arme économique. Parce que l’on sait bien que la diplomatie ne peut pas tout, et qu’elle peut vite montrer ses limites…

L’asphyxie économique d’un pays est une arme puissante ! Cela fut le cas en Iran qui, Etat exsangue, a renoué le dialogue sur le nucléaire. Il en sera tôt ou tard de même avec la Syrie qui finira par plier sous le coup des blocages et autres mesures restrictives.

Et sur l’affaire ukrainienne, le Président russe, Vladimir Poutine, a ordonné aux militaires sur la frontière avec l’Ukraine, de rentrer dans les casernes. Cette décision n’est-elle pas guidée par une place financière qui avait plongé hier et un rouble qui avait brutalement chuté ? Tout cela n’était pas de bon augure et un pouvoir ne peut pas rester insensible à ces menaces économiques.  

A moins de vivre dans l’autarcie d’une Corée du Nord, les pays ont besoin de l’oxygène des marchés financiers. Et ceux-ci étant d’une grande volatilité, un grain de sable dans les rouages et un pays se retrouve en proie aux plus grandes difficultés.

Oui le monde a évolué et l’économie conduit de plus en plus les affaires internationales. De plus en plus, les pays dépendent des uns des autres, la forte demande énergétique, le besoin de croissance pour survivre, tout concourt à renforcer des liens plutôt qu’à les détruire. L’économie prend de plus en plus le pas sur le politique.

Est-ce un progrès ?

On pourrait le penser bien que des terrains de guerre soient toujours là, tenaces et qui échappent aussi à  ces logiques économiques (la plupart des guerres civiles qui minent l’Afrique…). Et puis, des pays en crise qui doivent faire des efforts peuvent avoir des envies de se libérer du carcan économique et tenter des aventures suicidaires…

A l'inverse, l’économie parfois, loin d’imposer la paix, peut aussi provoquer des rancœurs et finir par être à l’origine de conflits. Il n’y a qu’à voir l’animosité qui grandit parmi les populations vis-à-vis des pays qui, se défiant des lois sociales et des lois environnementales, donnent dans la compétitivité jugée de plus en plus déloyale. Et sans aller loin, en Europe, la polémique sur les travailleurs détachés ou cette comparaison incessante avec l’Allemagne qui fait monter des tensions… On voit les nationalismes exploser au cœur de l’Europe dont on verra probablement la traduction dans les élections européennes du mois de mai.

 

Oui, l’arme économique est devenue une arme redoutable et redoutée… Si elle peut faire plier des pays, elle pourrait devenir aussi source de conflits…

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 09:05

Top départ pour souhaiter une belle et heureuse fête à toutes les grands-mères.

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Bien sûr, cette fête commerciale remplira aussi de joie les commerçants à travers la vente de plantes, fleurs, parfum et autres cadeaux dont les publicitaires ont su  motiver l’achat les derniers jours.

Peu importe, c’est le geste qui compte et un appel ou une visite seront aussi les bienvenus pour ces personnes qui ont souvent un rôle important dans nos vies…

Les grands-parents dans nos sociétés modernes sont bien loin des clichés de vieillards tristement vêtus avec canne et dentier !

Ce sont pour la plupart des seniors actifs qui font du sport, qui voyagent et qui ont des emplois du temps de Ministres ! Mais ils sont toujours prêts (enfin presque) à rendre service, remplacer au pied levé la nourrice qui tombe malade, ou faire du baby-sitting pour une soirée ou un week-end… Parmi les grands-mères célèbres, on peut citer Jane Fonda, Charlotte Rampling, Jessica Lange et bien d’autres qui sont toujours dans le vent et hyperactives…

Et pour les petits-enfants, que de grands moments de complicité loin des règles parentales et des tracas de l’école. Avec cerise sur le gâteau, un peu plus de liberté et toujours beaucoup d’indulgence…

Parfois, les grands-parents se trouvent investis de responsabilités plus grandes. Ils peuvent être le dernier refuge pour les petits-enfants en rupture familiale, les seuls à empêcher l’isolement et autres situations dramatiques. Parfois, ce sont eux qui élèvent leurs petits-enfants en cas de décès ou de retrait de l’autorité parentale…

En 2011, la France comptait 15,1 millions de grands-parents dont  8,9 millions de grands-mères et 6,2 millions de grands-pères. Et petite précision, les femmes deviennent grands-mères à 54 ans en moyenne et les hommes, grands-pères à 56 ans.

Certaines personnalités ont mis en avant leur grand-mère comme vient de le faire, Philippe Torreton dans un livre « mémé », un vibrant hommage à son aïeule. Elles sont souvent les premières groupies des personnalités du spectacle…

 

Chacun a sa propre histoire avec ses grands-parents quand ils ont eu la chance de les connaître. Alors aujourd’hui, prendre le temps de leur dire qu’on les aime…  

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 12:08

fraternité blog

Une enquête du magazine Le Point vient une nouvelle fois mettre de la suspicion dans le monde politique et les commentaires sur ce que d’aucuns nomment déjà « l’affaire Copé » vont bon train. Sans entrer dans les détails, il s’agirait d’une surfacturation au bénéfice d’une société de communication dont les dirigeants seraient proches de l’homme politique. Ce dernier va porter plainte pour diffamation contre le magazine…

Mais cette affaire qui se dénouera probablement devant les tribunaux ne manquera pas de jeter le trouble sur des électeurs qui pensent à 55% que la plupart des hommes politiques sont corrompus. (Sondage CSA pour BFM TV avril 2013)

http://csa.eu/multimedia/data/sondages/data2013/opi20130411-les-francais-et-la-corruption-en-politique.pdf

Du reste, la France n’a pas un classement de premier de la classe en matière de corruption puisqu’elle se situe au 22ème rang mondial selon le dernier rapport annuel de l'ONG Transparency International.

Il y a eu l’affaire Cahuzac et bien d’autres pour donner ce sentiment largement partagé que la triche est répandue dans la politique et du reste, le spectacle désolant donné par l’UMP lors des élections internes pour désigner le chef du parti n’a pas été de nature à casser cette image.  Avant, il y a eu le fameux Congrès de Reims du Parti socialiste qui n’avait rien à envier sur le sujet de la fraude…

La triche est partout dans notre société que ce soit en politique, dans les affaires, dans le système social… C’est ainsi, et comme le rappelait hier le secrétaire général de Force Ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, sur le plateau de l’émission C dans l’Air, en parlant des fraudes aux allocations chômage : « dans tout système, il y a des fraudes, il n’y a pas de système idéal…».

La triche n’a pas de visage ou plutôt des milliers et des milliers de visages, et des estimations floues. Le travail au noir pourrait coûter de 13 à 14 milliards en cotisations sociales non perçues. La fraude fiscale coûterait 60 à 80 milliards d’euros à l’Etat, le préjudice serait estimé à 58 millions d’euros en ce qui concerne la fraude aux allocations chômage… Quant à la fraude aux allocations maladie, près de 150 millions d’euros ont été repérés en 2012… La corruption, quant à elle, coûterait à l’Europe 120 milliards d’euros…

Bref, les chiffres sont impressionnants et effrayants à la fois. Mais ils ont un grand défaut, ils ne sont pas certains ! Toutes ces estimations ont certes fait l’objet d’études sérieuses, mais le doute est là, qui taraude les uns et les  autres. Parce que ces chiffres sont peut-être plus importants qu’on veut bien nous le dire et peut-être aussi moins importants que l’on pourrait le penser ! Parce qu’en la matière, il est donné libre court à tous les fantasmes, du reste, souvent alimentés par certains femmes ou hommes politiques à des fins électoralistes…

C’est vrai que la triche pénalise ceux qui ne trichent pas et qui du coup, sont privés de prestations qui pourraient être plus importantes… A rappeler aussi que certains ne demandent rien, alors qu’ils pourraient prétendre à des aides…

Et puis, dans la triche, il y a plusieurs camps qui s’affrontent ; de la complaisance pour les uns, de la rigueur pour les autres. Les patrons qui fraudent sont perçus par certains comme les victimes d’un système étatique qui rackette ! Et ces mêmes patrons qui trichent seront lynchés par d’autres au nom d’une solidarité nationale pleine et entière. Les arnaques aux caisses d’allocations bénéficient parfois de l’indulgence de ceux qui pensent que la misère excuse tout, alors que pour d’autres, cela rajoute à l’assistanat dénoncé par ailleurs… Oui, à chacun ses tricheurs…

 

Mais pour qu’une société fonctionne le mieux possible, la triche doit être traquée partout, de haut en bas, de bas en haut. C’est un devoir autant envers ceux qui jouent le jeu de manière loyale qu’envers ceux qui ont besoin de protection et qui ne doivent pas être confondus avec quelques fraudeurs qui prospèrent ici ou là… 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 12:08

A l’heure où l’on parle de compétitivité des entreprises, la performance devient de plus en plus dans nos sociétés modernes la seule valeur de référence. Dans cette mondialisation sans repère ni limite, les femmes et les hommes doivent se battre pour être les meilleurs et plus difficile encore, pour le rester.

Et cela commence dès les études ! Il faut intégrer la bonne formation, la meilleure classe préparatoire, décrocher l’école de prestige, obtenir le diplôme le plus prestigieux. Ensuite, c’est un combat autant pour décrocher un emploi que pour le conserver.

Et tant pis pour ceux qui restent sur le bord de la route ! Pas de pitié pour ceux qui n’ont pas ou n’ont plus les compétences, les talents ou tout simplement la rage de vaincre. Et les rangs grossissent de tous ceux qui se sentent exclus du système…

C’est ainsi que les résultats d’une enquête « Génération quoi » réalisée par France Télévisions sont saisissants et effrayants à la fois. Les 210 000 jeunes de 18-34 ans interrogés sont plus dans la désillusion et dans la révolte que dans la joie de vivre et l’insouciance. Oui, nous sommes consternés par tant de désespérance. Mais quelles perspectives offre notre société à tous ces jeunes ? Des difficultés de plus en plus grandes pour rentrer sur le marché du travail, des emplois précaires quand ce ne sont pas des stages qui n’en finissent pas… Vraiment pas de quoi avoir le moral et une confiance dans un avenir rose… http://generation-quoi.france2.fr/

Les jeunes ne sont pas les seuls à souffrir de cette course à la performance. Ceux qui perdent leur emploi et qui peinent à rebondir se retrouvent vite dans la spirale du chômage longue durée. Pour peu qu’ils atteignent la cinquantaine, et là, c’est l’entrée dans la cour des parias du marché de l’emploi ! Et ne parlons pas de tous ceux qui n’ont pas de formation et qui ne verront peut-être jamais de leur vie ce qu’est un travail. Si certains se satisfont de la situation, combien désespèrent,  déploient en vain des efforts pour se sortir de la misère ? Beaucoup trop sont dans la galère…  

Mais la performance fait aussi des malheureux parmi ceux qui sont dans le circuit, qui réussissent. Parce que l’on trouve toujours plus performants que soi, la place est convoitée et la compétition fait rage. Alors, oui, on peut dire qu’un peu d’émulation, cela ne fait pas de mal, c’est motivant. Mais quand on risque son poste, que l’on doit en permanence se remettre en question pour rester dans le coup, la dépression est parfois, là, tel un passager clandestin.

Combien d’entreprises qui ferment parce qu’elles ont raté le coche du toujours plus de compétitivité, combien de salariés au bout du rouleau, touchés par le burn-out, combien de suicides ?

Oui beaucoup de sacrifiés dans ce monde qui change et qui doit s’adapter en permanence. Jusqu’où ira-t-on dans cette spirale infernale du toujours plus ?

Avec des pays émergents qui ont soif de modernité, qui réclament eux aussi leur part du gâteau, comment trouver un juste milieu ?

 

Pourtant il faudra répondre à ces sacrifiés qui ne voient plus d’avenir dans ce monde de performance et qui oscillent entre résignation et révolte… 

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 16:53

Kiev - blog

 

Alors que la situation semble s’apaiser en Ukraine après plusieurs mois de violences et la destitution du Président Viktor Ianoukovitch, une question demeure. Nos démocraties sont-elles à la merci d’un retournement aussi brutal des électeurs ?

Rappelons-le, Viktor Ianoukovitch a été élu, en 2010, Président de l’Ukraine avec 48,95 % des voix, contre 45,47 % pour Ioulia Tymochenko. Certes, il y a eu des accusations de fraudes de la part des opposants sur cette élection et ce pouvoir était loin de recevoir la palme de la transparence, la corruption semblant faire partie du décor, mais quand même !

En juillet 2013, c’était Mohammed Morsi élu, le 24 juin 2012, Président de l’Egypte avec 51% des voix, à devoir céder la place face à un mouvement populaire protestataire. Depuis, c’est l’armée qui a repris le contrôle du pays dans l’attente de futures élections.

Il semblerait que le Venezuela connaisse lui aussi des turbulences alors que l’actuel Président Nicolas Maduro a été élu il y a moins d’une année.

Dans les pays qui vivent sous le joug d’une dictature, on peut comprendre la soif de liberté d’un peuple et le besoin de s’émanciper ; ce fut le cas des printemps arabes dont les révoltes ont eu ce parfum enivrant de la démocratie…

Mais ces pays dans lesquels la rue en colère a fait basculer les pouvoirs sortis des urnes devraient sonner pour toutes les démocraties, comme un sombre avertissement !

Certes, pour le moment et de manière globale, les citoyens ne sont pas dans une logique de renversement du pouvoir ; les opposants attendent les élections pour prendre le relais. Du reste, les prochains rendez-vous électoraux promettent d’être des défouloirs ! Alors tant mieux si la colère s’exprime par ce seul biais et c’est la logique même des procédures institutionnelles.

Mais il y a tout de même des signes qui sont  inquiétants...

Sans parler des quelques procès en illégitimité touchant l’actuel Président de la République et qui auraient commencé dès le soir de l’élection présidentielle http://www.parti-socialiste.fr/communiques/lump-insulte-les-francais-avec-ce-proces-en-illegitimite-du-president-elu-monsieur-cope, il y a surtout cet effondrement de la cote de confiance qui oscille selon les sondeurs de 16% à 20%.

Il y a aussi des manifestations qui se font plus violentes, des tensions qui montent, des colères, pour ne pas dire des haines, qui s’expriment à travers les réseaux sociaux et qui pourraient coaguler.  

Ce qui vient de se dérouler sous nos yeux en Ukraine, ce déchaînement de violence et de passion, ne pourrait-il pas aussi arriver ici ou là, en Europe ?

Nos démocraties sont-elles capables de répondre à un tel déferlement de colère populaire ? Les citoyens qui se sentent trahis par leurs dirigeants, déçus par des promesses non tenues pourraient vouloir anticiper par la force les élections, balayant ainsi les dirigeants en place.  

On sait que la rue fait peur aux dirigeants et on comprend pourquoi. Que faire si comme à Kiev, les citoyens descendent dans la rue et veulent en découdre avec le pouvoir ? Certes, les forces de l’ordre sont là pour canaliser mais on ne tire pas sur un peuple, c’est une ligne rouge à ne pas franchir et le Président ukrainien destitué l’a appris à ses dépens, puisqu’il est en fuite et devra répondre de ses actes.

 Oui ce qui se passe à Kiev et ailleurs doit donner à réfléchir sur le fonctionnement de nos démocraties. Une plus grande participation des citoyens à la vie publique pourrait être une voie, peut-être des référendums souvent souhaités dans l’opposition et vite oubliés ensuite.

Evidemment, une  véritable prise de conscience de nos gouvernants qui promettent beaucoup pour être élus et qui souvent, trop souvent, tournent le dos à leurs engagements !

 

Peut-être de nouveaux outils à inventer pour que la rue ne défasse pas ceux qu’elle a élus… 

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 14:57

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Capture d'écran BFMTV

Alors que la 51ème édition du salon de l’agriculture a ouvert ses portes, les professionnels du secteur attendent beaucoup des annonces faites lors des Etats-généraux : «Vous avez soulevé beaucoup d’espoirs, mais on a l’impression qu’ils ne sont pas récompensés», a lancé à François Hollande Jean-Pierre Fleury, patron de la Fédération nationale bovine (FNB).

Ce reproche s’ajoute à bien d’autres et vont tous dans le même sens : où sont les mesures pour redresser le pays ? Aussitôt dit, aussitôt fait ! Voilà ce qu’attendaient celles et ceux qui ont écouté la Conférence de presse du Président de la République le 14 janvier dernier.

Comme si le pacte de responsabilité pouvait se réaliser à la vitesse de l’éclair ! Comme si le choc de simplification pouvait se concrétiser tel un supersonique passant le mur du son ! Et ne parlons pas de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de l’action publique !

Oui, il y a un décalage entre d’une part les promesses ou les engagements et leur réalisation et d’autre part, leurs effets. Il peut se passer bien des mois et surtout des années avant qu’il n’y ait des conséquences visibles ou ressenties par tous.

Mais les premières victimes de cette tyrannie des résultats immédiats sont ceux qui s’engagent : les politiques eux-mêmes.  

Le Président de la République au plus bas dans les sondages ne paie-t-il pas cette promesse de campagne « le changement, c’est maintenant » ? L’immédiateté comme slogan, n’était-ce pas suicidaire ? Certes, cela faisait bien dans le feu d’un discours électoral devant des militants surchauffés mais après, n’était-ce pas s’exposer à des lendemains qui déchantent...

Et cette promesse d’une inversion de la courbe du chômage, encore un pari sur le temps, n’était-il pas risqué ? A entendre le concert des économistes, il y avait de fortes probabilités que cette inversion ne se réalise pas.  Car pour le coup, l’échec en politique se paie plus dans la durée, alors que les succès, eux, passeraient presque inaperçus ! Il y a cette amnésie qui touche les réussites alors que les défaillances collent aux gouvernants comme le sparadrap colle au doigt du capitaine Haddock.

Oui les politiques font leur malheur en laissant croire que le temps ne compte pas, que l’on peut donner corps au «tout, tout de suite ». Les Allemands n’ont-ils pas attendu une dizaine d’années avant de voir le résultat des réformes Schröder ? Qui peut penser qu’un chômage de masse tel que nous le connaissons actuellement peut se résorber en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ? Qui peut croire qu’une dette publique de presque 2000 milliards peut se réduire de manière significative en deux temps trois mouvements ?

Mais les politiques diront qu’ils n’ont pas le temps, que le quinquennat a accéléré le rythme, que ce qu’ils mettent en œuvre aujourd’hui, doit pouvoir donner des résultats demain… Et tout cela à condition qu’ils ne se plantent de stratégie ! Sinon, que de temps perdu !

Et de l’autre côté, les citoyens de reprocher à leurs dirigeants de ne pas avoir de vision à long terme tout en voulant, exigeant même, des résultats dans les plus brefs délais…

 

Alors, il ne faut pas s’étonner de la déception, de la désillusion face à ce mur du temps, infranchissable et lisse. Contre le temps, on ne peut rien, sauf la patience, mais là, on est dans un autre monde…. 

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