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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 10:56

feu voitureA la question, « la violence donne-t-elle un écho médiatique ? », la réponse est affirmative.

En revanche, hormis la mise en lumière d’un fait, cette violence atteint-elle son but ? Là, la réponse est plus mitigée.

Ainsi, la violence a plusieurs visages et les actualités regorgent d’exemples ; violences verbales, physiques, écrites…

Que ce soit pour les ouvriers de Florange, Goodyear ou Pétroplus, les démonstrations de force ont été relayées par tous les médias. De même lors des émeutes dans les banlieues, les caméras du monde entier étaient braquées sur chaque voiture incendiée, chaque bâtiment vandalisé…

Les violences envers soi-même sont aussi largement répandues ; les grèves de la faim, des suicides qui transmettent un message fort telle l’immolation de ce chômeur devant les locaux du Pôle Emploi de Nantes.

Dernièrement, la violence épistolaire sous la forme d’un brulot adressé par le patron de TITAN, Maurice Taylor, a choqué une grande partie de l’opinion publique. Et ne parlons pas du livre Belle et Bête de Marcela Iacub, dont les mots crus et les formules chocs ont un retentissement incroyable.

Et la violence portée à son paroxysme : le terrorisme. Les terroristes sont passés maîtres dans le domaine. Pas un attentat qui n’ait un impact planétaire. Tel fut le cas des attentats du 11 septembre 2001 et la destruction des Tours Jumelles du World Trade Center qui resteront dans les annales de l’Histoire et dans nos esprits encore choqués…

Ainsi, si le but essentiel de ces violences est d’obtenir une place de choix dans la sphère médiatique, l’objectif est rempli. En revanche, qu’en est-il des conséquences ? Sont-elles à la hauteur des espérances de leurs auteurs ? Pas certain…

Les actions fracassantes des ouvriers des sites industriels en difficulté sont entendues par les pouvoirs publics qui leur accordent une attention particulière. C’est comme cela que les ouvrières de LEJABY dont l’entreprise allait fermer ont connu un destin fabuleux avec le rachat de l'usine par un maroquinier de luxe. La médiatisation des salariées en colère et désespérées a donc porté ses fruits. Le site de FLORANGE a lui aussi sauvé sa peau, encore que l’avenir soit incertain. Et tout cela, grâce à l’acharnement des métallos qui ont su gérer leur image dans les médias.

D’autres entreprises qui ont été sous les feux des projecteurs n’ont pas connu un tel destin : le site de GANDRANGE a dû fermer, idem pour l’usine CONTINENTAL de Clairoix, MOULINEX…

De même, la grève de la faim du député Jean Lassalle en 2006 a permis de conserver dans son fief de la vallée d’Aspe, l’usine du groupe Toyal Europ, filiale du groupe japonais Toyo Aluminium K.K. Il a gagné la partie mais au prix de la perte de plus de 21 kg et d'une hospitalisation…

Dans un autre domaine, le coup d’éclat de Serge Charnay au sommet de sa grue a fait beaucoup de bruit et a pris en otage les caméras de télévision tout un week-end. C’était une violence larvée, la crainte de voir plonger cet homme dans le vide si les négociations échouaient. A-t-il servi la cause des pères divorcés ? Difficile à juger mais les paroles un tantinet misogynes ont été moyennement appréciées. Et la Justice entendra-t-elle cette revendication ? Si tel était le cas, que penserait-on de l’indépendance des magistrats ?

Trop de violences finissent par tuer la violence. C’est le cas des FEMEN dont la dernière intrusion brutale dans la Cathédrale de Notre-Dame n’a pas été comprise. Du coup, elles ont terni leur image et cette violence gratuite a entamé leur crédibilité. De même la répétition d’actes violents finit par rendre indifférents. On sait que des voitures brûlent en France toutes les nuits, mais peu de médias, excepté la nuit de la Saint-Sylvestre, en font état.

Quant au terrorisme, à part la peur, l’écœurement et autres sentiments de rejet, les revendications des terroristes avancent-elles ? On peut en douter…

Toutes les violences ont donc une forte résonnance médiatique et pour leurs auteurs un moyen de faire connaître leur combat quel qu’il soit. Ensuite, les conséquences des actions ne sont pas toujours couronnées de succès. 

Mais le revers de la médaille ne serait-il pas de donner une légitimité à ceux qui n’emploient que la force pour se faire entendre ? 

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Published by Ambroisine - dans Société
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