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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 18:40

drapeau européenOui, l’Union européenne aurait eu tout à gagner à parler haut et fort sur l’engagement de la France au Mali et mieux, à faire participer aux opérations militaires les États qui le pouvaient.

Oui, cela aurait mis du baume au cœur aux citoyens européens de voir étalée au grand jour une belle solidarité.

Malheureusement, on ne retiendra de ce nouveau rendez-vous manqué que le regard atone de la Vice-présidente de la Commission, Catherine Ashton, et Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, face aux critiques du député européen Daniel Cohn-Bendit exhortant à l’action. Mais cela ne suffira pas et il n’y aura que la formule « Armons-nous et partez » qui prévaudra dans cette affaire.

Et cette absence de solidarité ne se retrouve-t-elle pas à de nombreux étages du monstre technocratique bruxellois ?

Il n’y a qu’à voir les âpres discussions concernant la contribution de chaque État au budget communautaire. C’est la foire d’empoigne entre les "contributeurs nets" et "bénéficiaires nets" ou comment reprendre d’une main ce que l’on a donné de l’autre… Et le Royaume-Uni s’est bien distingué en ce domaine, avec l’institution d’un mécanisme correcteur.

Ne parlons pas de l’arrêt du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) : celui-ci a été sauvé de justesse en novembre dernier par une prolongation de deux ans.  Mais pour la suite, son sort est encore incertain.

En ce qui concerne la crise des dettes publiques, si la solidarité a joué, c’est plus pour échapper à un risque de contagion que pour les beaux yeux des Grecs. Car la question de la sortie de la zone euro de ce pays a été envisagée, mais calculette en main, l’UE a finalement préféré un renflouement des caisses grecques à un plongeon vers l’inconnu.

Et, à présent, l’annonce par le Premier ministre britannique, David Cameron, d’organiser un référendum sur le maintien ou non du Royaume Uni dans l’Union européenne donne une idée sur la solidarité européenne. Et ce n’est certainement pas le seul pays à se poser des questions ; les Pays du Nord seraient bien tentés eux aussi à faire une Europe à deux vitesses.

Toutefois, pour rester objectif, tout n’est pas noir non plus. Il y a des initiatives qui vont dans le sens de la solidarité et la politique actuelle de la Banque commune européenne est un bon exemple à citer ainsi que la future Union bancaire…

Mais il faudra aller plus loin et plus vite. Certes, le fédéralisme n’est pas pour demain, les peuples n’y sont pas prêts et les institutions européennes encore trop chancelantes.

Sans une solidarité pleine et entière, l’Union européenne court à sa perte car pour nombre de citoyens, cette dernière n’est qu’une usine à gaz où des technocrates édictent des règles contraignantes et souvent ressenties comme punitives. Par exemple, le petit producteur de foie gras qui a dû installer un « laboratoire » (murs et sols carrelés...) pour répondre aux normes sanitaires européennes et qui de ce fait a dû lourdement s’endetter, les quotas de pêches qui sont mal vécus chez les pêcheurs. Ce sont aussi les plans d’austérité en cascade qui touchent les Pays du Sud et dont la France se demande quand va être son tour ?

L’avenir européen sera celui que l’on méritera…La solidarité n’est-elle pas une urgence ? 

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Published by Ambroisine - dans Monde
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