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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 15:57

Les images de la tornade qui a semé la mort dans la banlieue d’Oklahoma city tournent en boucle sur toutes les chaînes d’information et sur le Net. Avec un bilan provisoire de 91 morts dont plus de la moitié sont des enfants.

Nous assistons, impuissants dans nos fauteuils, à la fouille des décombres des écoles. Alors, nous ne pouvons que pleurer... parfois de joie quand des survivants sont extirpés des débris et un grand soulagement s’empare de nous quand des petits sont rendus à leurs parents, sains et saufs. Le désespoir nous accapare pour tous ceux qui ne viendront pas se blottir dans les bras réconfortants d’un père, d’une mère qui se sont précipités devant les amas de briques et de bétons...

Nous sommes à la fois loin par la distance et proches par les yeux et le cœur de tous les habitants en souffrance de cette ville martyrisée. Les caméras du monde entier sont braquées sur cette région du monde et les survivants sont là, face à l’objectif, comme des voisins proches, presque des connaissances....

Et c’est ainsi pour toutes les catastrophes où la presse relaie l’information en continu ; le tremblement de terre à Haïti, la catastrophe de Fukushima, la tuerie de l’école de Newton, l’attentat de Boston... A chaque fois, nous nous sentons haïtiens, japonais, américains.... C’est une communion parfaite avec le monde entier... Enfin presque...

Car il est des zones où aucune image ne filtre et là, l’empathie ne se crée pas. Non pas que nous n’ayons dans ce cas aucune compassion mais comme nous ne ressentons pas la détresse, l’événement retombe dans l’oubli... Il en est ainsi du tremblement de terre survenu le 20 avril 2013 dans le Sichuan, province de l’ouest de la Chine, du puissant séisme qui a touché l’Iran en mai...

Et dans ce monde surmédiatisé, une catastrophe chasse l’autre. On se détourne de l’une pour plonger dans une autre et une suivante... Notre esprit se concentre sur l’immédiateté, ce qui vient nous percuter, des images effroyables dont nous ne pouvons nous détourner. Et le but des médias est atteint : nous informer certes mais nous tenir en haleine le plus longtemps possible. L’audience est l’aiguillon principal. Si la lassitude se fait sentir, alors le sujet est délaissé peu à peu...

Ainsi, la diffusion des images est aussi le fruit d’un dosage savant ; du sensationnel mais pas non plus trop d’horreurs. Il y a un seuil de tolérance à ne pas dépasser bien que celui-ci ait reculé au fil du temps. Si les images sont trop insupportables, le téléspectateur va zapper et l’effet escompté, celui de nous maintenir devant l’écran, sera raté.

Les médias vont de plus en plus loin dans la couverture des événements. Dans un des reportages sur la tornade d’Oklahoma city, les journalistes interviewaient une petite fille qui avait réussi à s’extirper de son école détruite. Cette enfant était sous le choc : recueillir son témoignage était-il vraiment indispensable ? Déjà, un homme avait été interrogé sur ce qu’il venait de vivre, déambulant parmi les restes de sa maison pulvérisée, n’était-ce pas suffisant ?

Le risque de cette surexposition des événements peut nous conduire à relativiser et à devenir distants, voire cyniques.

Cette intrusion souvent brutale dans les catastrophes n’est pas souhaitable ; un minimum de pudeur devrait prévaloir sur le toujours plus d’informations.

A l’avenir, serons-nous toujours capables de verser des larmes devant de tels drames si nous sommes en permanence sollicités par des images de vies brisées ? 

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Published by magtuttifrutti - dans Monde
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