Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 17:41

La suspicion devient le mot d'ordre dans notre société. Il faut dire que des affaires récentes, qu'elles soient politiques, économiques ou sanitaires, ont contribué à renforcer ce sentiment de défiance. 

Et les derniers jours ne sont pas pour alléger ce climat de méfiance généralisée.

Entre le déraillement ferroviaire de Bretigny-sur-Orge où les spécialistes de la question crient haut et fort que quatre boulons n'ont pas pu se dévisser en même temps, l'acte de malveillance a fini par s'imposer dans les esprits. Plus de place au doute. Inutile d'attendre les résultats de l'enquête, l'affaire est entendue. Et malheur à ceux qui diront le contraire !  

Il en est de même des agressions qui se seraient produites après le déraillement. Cela parait évident pour beaucoup que l'on veut nous cacher des choses... Des enquêtes sont en cours mais déjà on entend crier au complot, et que l'on veut étouffer l'affaire. 

En matière politique, l'affaire Cahuzac prend aussi une nouvelle tournure. La commission parlementaire a fini par jeter la doute sur le fameux niveau de connaissance des membres du gouvernement sur le mensonge de l'ex-ministre du Budget. Se pourrait-il que nous citoyens, soyons les derniers avertis et qu'en définitive, ce mensonge n'ait été qu'un secret de polichinelle ? 

Oui, la suspicion est bien là et elle se développe dans tous les domaines. Dès qu'un événement se produit, le pire est envisagé et chacun y va de sa théorie. L'affaire de Bretigny-sur-Orge et l'opposition se fait un plaisir de dénoncer le laxisme et la presse friande du moindre scandale ou couac est tout aussi ravie de relayer la moindre petite phrase choc. Tout le monde y trouve son compte : l'opposition a besoin de se manifester entre deux élections et les médias de susciter l'intérêt par du sensationnel. 

Mais toute cette défiance qui enfle n'est pas bonne pour la démocratie. Les tensions se font plus fortes dans la société et le vivre ensemble commence sérieusement à avoir du plomb dans l'aile. Le sénateur-maire, François Rebsamen regrettait, il y a quelques semaines, que l'on ne puisse plus parler de l'immigration comme une chance pour la France. Et il a raison : combien sont ceux à le penser aujourd'hui ? Emettre une telle idée et vous vous faites lyncher ! 

Relativiser serait la solution. Mais aujourd'hui, relativiser sonne comme un renoncement ou un aveuglement.... 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Ambroisine - dans Société
commenter cet article

commentaires

Jean Louis Deknudt 21/07/2013 10:11

Bonjour,

Très bel article. Pas simple en effet le "vivre ensemble".

Au sujet des propos de François Rebsamen, je rajouterai un bémol qui a son importance.
J'ai vécu une grande partie de ma jeunesse (jusqu'à mon mariage) dans une très agréable cité des mines du Pas de Calais. Peu de temps après la guerre d'Algérie, et malgré ce conflit (qui vit
beaucoup de jeunes mineurs mourir là-bas), beaucoup de familles venues du Maghreb se sont installées dans nos cités et se sont parfaitement intégrées.
Il est vrai qu'à cette époque, il y avait pratiquement le plein emploi en France et surtout dans le bassin minier qui fournissait la quasi-totalité des besoins en énergie de l'industrie
française..

Mais surtout à cette époque, on ne parlait pas de l'Islam et l'on ne faisait pas référence au Coran à chaque occasion... Je pense qu'à cette époque là, la première génération d'émigrés venue
d'Algérie et de la Tunisie (pour la plupart) avait beaucoup de respect pour nos institutions, pour nos coutumes.
Aujourd'hui, tout cela a disparu. Certains nous diront que c'est la faute du chômage, d'autres de la ghettoïsation raciale de certaines banlieues.
Je crois pour ma part que c'est surtout une question d'éducation et de respect de l'autre. Les valeurs que l'on nous enseignait sont aujourd'hui disparues.
Il y a un travail de fonds à faire. Rappeler aussi certaines règles du bien vivre ensemble, qui passe par le respect de nos lois, de notre laïcité et de notre République.
Bien à vous,
Jean Louis

magtuttifrutti 21/07/2013 11:26



Votre commentaire est très intéressant, j'espère qu'il sera beaucoup lu


Bien cordialement