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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 16:05

La présomption d’innocence, principe fondamental de notre système judiciaire, semble de plus en plus bafouée et ce, pour le plus grand bonheur des médias...

Telle une pluie d’obus, la mise en cause des personnes publiques est de plus en plus médiatisée et il ne se passe pas un mois sans que l’on soit confronté à l’ouverture d’une information judiciaire, à une mise en examen ou tout simplement à une mise en cause sans intervention de la justice. Et ce ne sont pas pour des broutilles que ces personnes publiques sont dans l’œil du cyclone judiciaire : proxénétisme en bande organisée, escroquerie en bande organisée, abus de faiblesse... Inutile de citer les noms, chacun retrouvera les personnes concernées...

C’est bien souvent un coup de tonnerre quand une personne publique, hommes ou femmes politiques, patrons d’industrie (...) est concernée par une infraction et le tribunal médiatique va très vite en besogne. Bien entendu, il y a toujours un petit rappel à cette présomption d’innocence, histoire de donner le change, mais l’insistance et le développement des faits aboutissent le plus souvent à une condamnation avant toute décision judiciaire.

Après le passage des médias sur une affaire, le doute n’est plus permis : la personne qui fait l’objet de tout acte de procédure, est clouée au pilori. Pas moyen d’y échapper, et la présomption d’innocence n’est plus qu’une petite ritournelle que le brouhaha de la culpabilité étouffe.

Alors, que se passe-t-il ensuite ?

La procédure peut être menée à son terme et s’il y a condamnation, cela ne fait que renforcer ce qui a été répété pendant des mois, voire des années. Donc, rien de neuf sous le Soleil !

En revanche, si le soufflé retombe et qu’un non-lieu intervient, la décision passerait presque inaperçue. La nouvelle n’est pas intéressante à relayer, qui cela va intéresser ? Pis, la condamnation dans les esprits ayant déjà fait son œuvre, la décision ferait presque douter de l’impartialité de la justice, à penser comme Jean de La Fontaine « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » !

Les hommes ou les femmes qui ont eu à faire face à ce lynchage médiatique en gardent des traces indélébiles. Du reste, peu importe qu’il s’agisse de personnes publiques ou du citoyen lambda. Cette protection édictée par le législateur n’est pas inutile et devrait pouvoir être mise en œuvre de manière plus efficace.

Souvent, le secret de l’instruction est lui aussi bafoué, ce qui ajoute à l’acharnement médiatique.

 

Sans entrer dans une opacité qui serait nocive, il doit bien être une demi-mesure où chacun puisse garder son honneur sans pour autant échapper à la Justice... 

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Published by Ambroisine - dans Société
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