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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 10:09

Mettre tout sur la place publique devient de plus en plus à la mode dans la sphère politique. Pas un contentieux, pas un scandale n’éclate sans que les citoyens ne soient mis au courant par les politiques eux-mêmes et avec toute la dramaturgie plus ou moins habilement orchestrée.

D’où vient ce besoin de prendre tout le monde à témoin ? La scène médiatique n’est-elle qu’un défouloir ou les personnes concernées cherchent-elles à nous pousser à juger, à trancher ? Est-ce normal ou y-a-t-il des risques à ce grand déballage teinté d’impudeur ?  

Hier, l’imbroglio des élections au sein de l’UMP avec son cortège de doléances sur les tricheries, supposées ou avérées. Mais on peut multiplier les exemples presqu’à l’infini, entre l’affaire Bettencourt, l’arbitrage de Bernard Tapie, le mensonge de Jérôme Cahuzac... Ne parlons pas des confidences de l’ex-Ministre de l’écologie, Delphine Batho, et peut-être demain, de l’ex-Président de la République, Nicolas Sarkozy, dont les comptes de campagne ont été rejetés par le Conseil Constitutionnel.

Oui, on voit se multiplier sous nos regards effarés, les mises en cause de grandes Institutions, comme la Justice ou le Conseil Constitutionnel, et tout cela pour le plus grand bonheur des commentateurs. Évidemment, cela crée du buzz, l’audimat atteint des sommets et les quotidiens vendent du papier. Alors pas belle la vie ?

Sauf que tout cela crée aussi des interrogations, de la méfiance et pourquoi ne pas l’avouer, du rejet. Rejet des Institutions dont on pourrait penser à travers ces divers témoignages qu’ils sont vérolés et puis, de toute la classe politique qui à cracher dans la soupe ne donne pas vraiment la plus belle image d’elle-même !

 Car notre subjectivité ne peut être que biaisée ! Nous n’avons pas ou tellement peu d’éléments objectifs pour chacune des affaires étalées au grand jour. Et quand bien même en aurions-nous, cela nous permettrait-il de les interpréter, combien sont des spécialistes du Droit ? Que pouvons-nous comprendre de l’arbitrage de Bernard Tapie ? Sommes-nous à même d’en comprendre les tenants et les aboutissants ? On peut avoir des doutes... Et de la décision de rejet des comptes de campagne 2012 de l’ex-Président ? Surtout que là, il y a des éléments de fond et une appréciation plus subjective ! Et des arbitrages du gouvernement en matière de budget ? Pas plus...

Alors, si ces confidences sont un exutoire pour les hommes et femmes politiques, on peut dire que le but est atteint. En revanche, si c’est la recherche d’empathie, d’adhésion à leur cause, là c’est plus aléatoire, en parlant vulgairement « casse-gueule » !

Parce qu’il y aura toujours les inconditionnels du complot, ceux qui d’emblée prendront toujours fait et cause pour celui qui s’expose ainsi publiquement, que le monde est pourri et que le coup de balai est la seule solution. A l’inverse, il y en aura pour critiquer, chacun dans son camp politique, ce manque de pudeur, cette absence de solidarité avec un monde qui les nourrit.

Beaucoup d’autres peuvent aussi déplorer les affaires elles-mêmes. Est-ce normal de dépenser des sommes folles pour une campagne présidentielle et ce, sur le dos du contribuable. Cet argent ne serait-il pas mieux utilisé ailleurs ? Accorder plus de 40 millions d’euros pour un préjudice moral pour une affaire commerciale alors qu’un citoyen accusé à tort par la justice ou des parents qui ont subi la perte d’un enfant dans un accident ne se verront pas attribuer ni la moitié, ni le quart de cette somme ?

Oui que de questions sur le fond toutes ces affaires se posent à notre conscience de citoyen.

 

Alors, en définitive, les politiques n’ont-ils pas plus à perdre dans ces confidences avec le peuple ? 

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Published by Ambroisine - dans Politique
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