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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 14:17

Oui la pauvreté est une discrimination de plus qui, au fil de la crise économique que nous traversons, se fait de plus en plus criante.

Et les chiffres de la pauvreté sont de plus en plus inquiétants : entre 2009 et 2011, 900 000 personnes sont devenues pauvres ! Ce sont particulièrement les chômeurs et les jeunes adultes qui sont les plus touchés par cette hausse.

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1464

La pauvreté n’est pas très appréciée dans une société, pour ne pas dire rejetée.

Il y a d’abord la peur ! Une peur presque panique à regarder en face cette misère qui pourrait être la nôtre. Parce que chacun a conscience que son destin pourrait basculer du jour au lendemain par suite de maladie, licenciement, divorce, enfin ce que l’on appelle un accident de la vie. Oui, nous sommes tous des pauvres potentiels !

Comme tout ce qui fait peur, finit souvent par le rejet. Non seulement la pauvreté suscite de l’anxiété, mais également de la méfiance et de l’aversion. Les pauvres sont souvent considérés comme des boulets, des pompes à prestations ! Et ce n’est pas tout… Ils sont suspectés de fainéantise ! Oui, pensent d’aucuns, s’ils sont pauvres, c’est parce qu’ils sont paresseux, ils préfèrent profiter des minima sociaux plutôt que d’aller bosser. Et certains politiques d’exploiter cette misère à des fins électorales, jeter ainsi l’anathème sur cette population démunie.

Et les pauvres, que font-ils ? Ils ne sont même pas en mesure de se défendre de la mauvaise image véhiculée ! Ils se cachent, font tout pour ne pas se faire remarquer et pour certains même, ont toutes les difficultés à solliciter de l’aide. Ils jouent pour beaucoup les invisibles et portent leur misère comme une honte. C’est cette femme qui franchit les portes des Restos du cœur en baissant les yeux, ce sont ces enfants qui n’invitent pas leurs copains à la maison ou qui s’inventent un univers qu’ils n’ont pas…

Et pourtant, la France a une redistribution des richesses plus efficace que beaucoup d’autres pays ; il n’y a qu’à voir le niveau des prélèvements, l’un des plus élevés au monde.

Qu’il y ait des personnes qui bénéficient de la solidarité nationale en raison de leur situation dramatique, cela semble accepté, mais de plus en plus difficilement, crise oblige !

Qu’il y ait des abus, il serait ridicule de le nier et des fraudes sont chaque année détectées et sanctionnées. Ce qui est le plus grave, c’est de laisser croire que ces abus sont une généralité, comme s’il existait un système mafieux à grande échelle, pour se gaver de l’argent public !

La pauvreté n’est pas une fatalité ; beaucoup sortent de la misère par un retour à l’emploi et c’est là qu’est le nœud du problème. Le chômage de masse retarde un retour à meilleure fortune, pendant que de nouveaux pauvres viennent grossir les rangs.

Dans la pauvreté, le pire est le découragement… Beaucoup finissent par baisser les bras à force de se battre, sans aucun résultat. Parce que la plongée dans la misère est plus rapide que sa sortie, elle provoque de la détresse, des rancœurs, de la violence…

Et pendant ce temps, on apprend qu’1% des plus riches détiennent près de la moitié des richesses mondiales, cela donne une idée des inégalités… C’est du reste le thème choisi par la 14ème édition du Forum économique mondial de Davos, et il y a du pain sur la planche !

 

Les Riches ne sont pas en voie de disparition et malheureusement les pauvres non plus, même si, O consolation, l’extrême pauvreté a reculé dans le monde !

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Published by Ambroisine - dans Société
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commentaires

Kate 20/12/2014 10:02

Votre blog est très intéressant mais je voudrais vous dire que l'extrême pauvreté ne recule pas dans le monde, bien au contraire. Il suffit de constater l'extension depuis des années des grandes mégalopoles (en Amérique latine, Afrique, Asie par exemple...) où se créent et prospèrent des bidonvilles par la force des choses, avec l'arrivée des familles qui quittent leurs terres pour chercher une vie meilleure dans ces grandes cités, ce qui est un leurre.
Et combien de vieillards, d'enfants et de handicapés jetés sur les routes, en Afrique par exemple, car leurs familles ne peuvent plus les nourrir, en dépit des richesses de leur pays, exploitées par de grandes sociétés souvent étrangères.. C'est un grand changement de la société qui, jusqu'à maintenant, pouvait prendre en charge les plus démunis.
On atteint ici un point de non retour car ces "abandonnés" vivent dans la rue, où ils sont obligés de mendier, de trouver des petits boulots (pas facile!) pour se nourrir et échapper aux violences qui y sont courantes. Les vieillards, quand ils n'en peuvent plus, se couchent sur le sol, tout simplement, attendant de mourir.
Les habitants des rues sont souvent expulsés des villes par la police et transportés dans des lieux isolés et arides à des kms de là.... Mais ils reviennent pour ne pas mourir de faim. Est-ce cela le progrès du monde?