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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 18:25

IMGP9815Il ne viendrait à l’idée de personne de contester le travail d’information des journalistes qui participent de l’essence même de toute démocratie. Dans les pays où la presse est muselée, la démocratie est elle-même mise à mal. Alors ce droit d’informer est un principe fondamental et nul ne saurait le remettre en question.

Mais ce droit d’informer, s’il est essentiel pour le bon fonctionnement de notre société, peut aussi se révéler terriblement dévastateur.

Au-delà des règles d’éthique et des lois en vigueur, ce qui est dommageable dans la diffusion d’une information ce n’est pas tant dans le fait de la dévoiler au public que l’acharnement qui en est parfois fait. Cette pratique, si elle ne se veut pas malveillante, agit comme une caisse de résonnance. Ce qui ne mériterait qu’un écho modéré, voire pas d’écho du tout, peut devenir l’objet de toutes les attentions. Et avec des conséquences foudroyantes.

Les exemples sont nombreux de personnes mises en cause, célèbres ou pas, qui ont vu leur destin brisé, leur honneur bafoué. Toutes ne sont pas sur un même pied d’égalité, soit parce que les faits relatés se sont avérés exacts, soit parce qu’elles ont été entièrement blanchies par la justice. Dans le premier cas, on pourrait se dire, c’est bien fait pour elles alors que la sanction médiatique est parfois plus lourde que la sanction judiciaire. Dans le deuxième cas, plus grave, les personnes peuvent ne jamais se remettre d’un battage médiatique, surtout quand elles ont été livrées en pâture. Là, les plus faibles peuvent en arriver à des gestes extrêmes.

Car présomption d’innocence, il ne peut être question dès que les médias s’emparent du sujet. Bien sûr, il y a toujours les précautions d’usage et chacun y va du conditionnel et rappelle le principe de protection juridique pour mieux le faire oublier par le public qui pense, au fond de son fauteuil : coupable, coupable !

Et on se retrouve avec le vieux proverbe « il n’y a pas de fumée sans feu ». Car quand la justice passe et que la personne sort innocentée, la presse est bien souvent muette. Un entrefilet dans le meilleur des cas... Ce n’est pas vendeur et les médias sont déjà passés à autre chose. Sauf que le public lui reste et restera campé sur ses positions. S’il y a eu tout ce battage médiatique sur cette personne, ce n’est pas pour rien. Et malgré les dénégations desdits innocents en attente de réhabilitation publique, c’est peine perdue...

Car un autre mal est né : la rumeur ! Contre elle, pas grand-chose à faire.... Elle est née de ces informations et va coller aux personnes comme jadis, les criminels étaient marqués aux fers ! Seul le temps, beaucoup de temps peut effacer cette rumeur et encore...

Le métier de journaliste n’est pas toujours facile, parfois ingrat, voire dangereux. Mais c’est aussi un métier qui a un pouvoir extraordinaire sur les personnes ; celui d’ériger des statuts ou de bannir et ce, malgré la Justice qui vient corriger les excès.

Une fois l’information lancée, les conséquences peuvent échapper à leurs auteurs, comme la créature maléfique peut échapper au savant fou...  

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Published by Ambroisine - dans Société
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