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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 18:11

 

Blog copieLa guerre au Nord Mali est une guerre pour le moment sans images. Aucun reportage du front, aucune scène sanguinolente… Rien qui puisse alimenter les nombreux médias dont les chaines d’information en continu qui n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Les journalistes rongent leur frein, les envoyés spéciaux sont cantonnés sur des bases arrière, obligés de s’en remettre aux communiqués des autorités militaires ou d’interroger quelques villageois fuyant les zones de combat.

Déjà, cette guerre semble être surtout une grande débandade pour le camp adverse. Il y aurait un repli stratégique ou pas vers le Nord-est Mali, en particulier dans le massif des Iforghas, région plus difficile d’accès. Des Djihadistes auraient carrément tourné le dos aux forces armées pour se réfugier au Niger dans l’attente de jours meilleurs. Il y a aussi le pilonnage de cibles stratégiques par les forces aériennes qui auront certainement fait des dégâts. Pour le reste, quelques poches de résistances ont été signalées et là, peu d’informations filtrent sur les combats qui ont eu lieu.  

Mais imaginons deux secondes que les journalistes aient accès au terrain des opérations ; là, ce serait un régal médiatique. Chacun irait de son analyse, bonne ou mauvaise peu importe, tant que l’on puisse faire grimper l’audimat ou remplir les colonnes des journaux. On verrait défiler sur les plateaux de TV, les spécialistes qui commenteraient, disséqueraient les événements, attribuant les bons et mauvais points… Des émissions entières pourraient être consacrées à l’action guerrière, avec des audiences à donner le vertige aux patrons des chaînes télévisées et aux magazines, avec le poids des mots et le choc des photos, des ventes record !

Cette diète médiatique est incomprise par les professionnels, moins par le public qui a son lot journalier d’horreurs en tout genre. Exhiber des blessés et des morts s’il satisfait notre côté voyeur, finit aussi par banaliser la violence. On mélange réalité et fiction, comme si l’excès de drames tue l’effet dramatique d’une guerre avec des hommes faits de chair et de sang. Ou alors, les cercueils alignés des militaires qui ont donné leur vie pour une cause aussi noble soit-elle et leurs familles endeuillées, veuves éplorées et orphelins silencieux et désorientés, finiraient par faire douter du bienfondé de l’intervention… Alors l’absence d’image serait-elle finalement une protection contre nos réactions instinctives ?

La rumeur court que l’armée, elle-même, a demandé cette discrétion et on peut la comprendre quand on voit ce militaire en train de prendre la pose avec sur le visage, le masque du jeu vidéo « call of duty » !

Des considérations de sécurité sont également invoquées ainsi que des raisons de tactique militaire. Inutile de faire connaître la position de troupes à l’ennemi via des reportages. Et puis, la vue de terroristes neutralisés ne pourrait-elle pas susciter des vocations au Djihad ?

A l’inverse, l’absence d’images peut donner libre cours à toutes les rumeurs. Des faits erronés peuvent être rapportés et faute de pouvoir être vérifiés, risquent d’échapper à tout contrôle et se propager à travers le monde, aussi rapidement que la vitesse d’internet ! Et puis, dans une démocratie, on peut se poser la question de la transparence ? Doit-elle être totale ou pour des raisons de sécurité, doit-elle être restreinte, n’en déplaise à nous, citoyens avides de sensationnel…

En réalité, des images de cette guerre sortiront tôt ou tard. On sait bien que ce genre de conflit attire les reporters de guerre qui, avec ou sans accréditation, sont sur le terrain et vont en dépit des dangers, faire leur métier.

La liberté de la presse n’est-elle pas une des libertés fondamentales de tout système démocratique ?

 

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Published by Ambroisine - dans Monde
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commentaires

Guicquéro Jean-Pierre 10/02/2013 17:08

Non, la liberté de la presse n'est pas une des libertés fondamentales de tout système démocratique, ou alors nous ne sommes plus en démocratie.
AFP en tête avec son lancement d'une fausse information sur ce qui se passait en Syrie, information provenat d'un internaute se faisant passer pour une internaute et annonçant des morts alors qu'il
n' y en avait pas encore. Repris en un choeur unanyme cette fausse information a suivie du soulèvement.
Les médias devraient être jugés pour cette ignominie. C'est un crime contre l'Humanité.
Les journalistes d'aujourd'hui, n'informent pas : ils cherchent à manipuler les gens pour les orienter vers leurs prises de position.
Merci de m'avoir lu

magtuttifrutti 14/02/2013 17:43



merci pour votre commentaire