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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 16:22

IMGP9820

A mesure que les politiques perdent de leur crédibilité, les journalistes politiques voient leurs missions s’élargir. De simples commentateurs de la parole et de l’action politiques, ils ont pris du galon pour devenir les principaux relais.

Ils font plus qu’analyser les propos, les faits et gestes des hommes politiques, ils en sont à traduire leurs pensées ou à rebondir sur des lapsus souvent jugés révélateurs.

Sur les plateaux de TV, dans les journaux, chacun avec sa sensibilité, ils décryptent, dissèquent tel le scalpel du chirurgien, tout ce qui émane du monde politique : discours, apartés, silences, rien n’échappe à leur vigilance.

Pour les profanes que nous sommes, les démonstrations de Denis Jeambar, Raphaëlle Bacqué, Yves Thréard, Judith Weintraub, Bruno Jeudi et bien d’autres, nous frappent soit par leur pertinence, soit parfois par le décalage avec notre ressenti. Mais ce sont eux les experts ; ils évoluent dans le milieu des politiques, reçoivent leurs confidences, et parfois même de leur entourage. Pour certains, ce sont des dizaines d’années de proximité, ce qui donne encore plus de poids à leurs différentes analyses.

Mais parfois, des erreurs se produisent. Ce qui avait été soigneusement étudié se trouve après coup démenti par les faits. En ce sens, certains journalistes proches du Président François Hollande ne savent plus que penser du discours de Leipzig devant le SPD prononcé le 23 mai dernier. Ils se demandent si de social démocrate, le Président ne se serait-il pas mué en social libéral ? Bref, on a senti le flottement et il y en avait même pour s’interroger : quel homme avait-on élu en mai 2012 ? Qui est finalement François Hollande ?

Oui à n’en pas douter, des erreurs peuvent surgir dans l’appréciation des journalistes parce que cette proximité avec le politique n’est qu’une façade. Certes, il y a des discussions en off qui permettent d’avoir un autre éclairage. En même temps, la méfiance n’est-elle pas de mise ? Certains politiques peuvent même manipuler, penser une chose et en confier une autre, histoire de brouiller les pistes. Et puis comme pour tout le monde, chacun tient à son intimité et les journalistes ne sont ni les psys ni les confidents des hommes et des femmes politiques.

Si la force des journalistes est d’être au contact des politiques, elle est aussi leur plus grande faiblesse. Ils sont la plupart du temps acquis à leur cause et sont leurs premiers défenseurs, tant pis pour l’objectivé. C’est ainsi qu’ils perdent à leur tour la crédibilité et que la confiance des Français peut s’émousser.

 

C’est du reste ce que révèle le sondage HARRIS INTERACTIVE pour MARIANNE publié le 25 mai : seulement 37 % des Français font confiance aux journalistes ! 

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Published by Ambroisine - dans Politique
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