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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 18:54

vache blogQui n’a pas entendu à propos des mesures fiscales ou des réductions de dépenses : « Ce sont encore les classes moyennes qui vont être touchées ! ». Ces remarques maintes fois réitérées, et cela ne date pas que d’aujourd’hui, donnent le sentiment auxdites classes d’être les contributeurs de la société, avec un retour moindre : « Nous, on n’est bon qu’à payer ! » entend-on ici ou là…

Mythe ou réalité ? Les classes moyennes seraient-elles les vaches à lait de notre société ? Selon un sondage de l’institut Harris Interactive pour Marianne en date du 22 février 2013, les Français estiment à 74% que les classes moyennes sont les principales contributrices de l’effort fiscal.

Déjà, il faudra accepter une définition large, pour ne pas dire élastique, de la classe moyenne. Car dans sa partie la plus basse, la classe moyenne flirte avec la précarité et la peur du déclassement social est là, tapie dans l’ombre. Ce qu’on appelle communément un "accident de la vie" peut faire basculer cette partie de la population dans la misère.

Ni vraiment pauvres et surtout pas riches, les classes moyennes concentrent à elles seules une bonne partie de la population française (59 % de la population selon le CREDOC).

Ainsi, vu la masse et les revenus disponibles, OUI, la classe moyenne est celle qui est la plus mise à contribution. Tant pour les prélèvements en tout genre (gel du barème de l’impôt sur le revenu, suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, hausse du forfait social sur les primes d’intéressement et de participation…) que pour la réduction des prestations (allocations familiales et plafond de ressources, probable gel des pensions de retraite…). L’impact est évidemment plus important si l’on touche à cette catégorie et du reste, impossible de l’exclure de tout dispositif malgré les dénégations ou les propos rassurants.

Dans le même temps, que demander à ceux qui ont peu de ressources, voire pas du tout ? Les classes populaires sont certes sollicitées à travers diverses taxes. Mais pour beaucoup, ce n’est pas suffisant : tout le monde devrait participer à l’effort collectif en fonction de ses moyens. Surtout en période de crise.

Quant aux classes riches, celles que l’on dit privilégiées, selon la même étude, les Français pensent à 63% payer trop d’impôts par rapport aux personnes plus fortunées qu’elles. Et même si une ponction supplémentaire ne changerait pas grand-chose à leur train de vie, comme leur nombre est moindre, elles ne règleront jamais les problèmes financiers de la France. Et on voit bien que la taxation à 75 % de la part des revenus au-delà d’un million d’euros par an qui fait figure d’arlésienne n’aurait pas changé le cours des choses. On sait très bien qu’elle relevait du symbole…  Et comme les riches ont toujours la possibilité de quitter le pays, leurs capitaux dans les bagages, on hésite à les taxer trop lourdement. Ce qui n’est pas le cas des classes moyennes, à moins d’un exode massif !

Pourtant les classes moyennes bénéficient aussi des bienfaits de la solidarité. Déjà, en cas de difficultés, elles reçoivent des aides et ce, comme tout citoyen. Elles profitent aussi des services publics : malgré les dégradations que l’on peut tous déplorer, le système de santé français demeure l’un des plus performants au monde… Dans bien d’autres secteurs, les classes moyennes bénéficient des mécanismes de la redistribution ; aides au logement, aides aux TPE et PME...

En revanche, plus la crise progresse, plus la pression se fait sentir sur les classes moyennes et c’est peut-être là le grand danger. Car si les pouvoirs publics redoutent toujours le soulèvement des classes populaires poussées par le désespoir, les classes moyennes ne font pas aussi peur. En principe, elles souffrent en silence, souvent résignées. Contrairement à ceux qui sont dans la précarité, les classes moyennes ont toujours quelque chose à perdre. Et ce relatif confort bloque toute révolte.

Mais jusqu’à quand ? 

 

 

Illustration de Korolle

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Published by Ambroisine - dans Economie
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commentaires

Simon Lévy-Stauss 09/08/2014 16:38

Les classes moyennes n'ont pas une réserve de patience infinie !

Ambroisine 09/08/2014 19:17

Oui et il semblerait bien qu'elle sature !
Merci de votre commentaire