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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 15:32

Austérité"Atmosphère ? Atmosphère ? Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?"

Personne n’a oublié cette réplique culte tirée du film "Hôtel du Nord" de Marcel Carmé (1938) et prononcée par Arletty répondant à Louis Jouvet. Et c’est à cette tirade à laquelle j’ai pensé en écoutant l’allocution télévisée du Président de la République du 10 avril à propos de l’austérité.

Selon le Chef de l’État, la politique conduite n’est pas de l’austérité. Et de poursuivre en indiquant que l’austérité, c’est la baisse des salaires et des prestations sociales, quand il y a de la récession, quand il y a un chômage qui atteint 15 %, 20% de la population.

Et certains économistes sont sur cette position, en affirmant que l’austérité n’est pas encore arrivée, mais qu’elle ne saurait tarder, avec la probable désindexation des retraites, la hausse des taux de TVA et des futures mesures d’économies. D’autres, dont l’économiste, Nicolas BOUZOU qui, sur le plateau de la Matinale du 11 avril dernier affirmait, que OUI, nous étions plongés dans l’austérité dès lors qu’il y avait eu une augmentation sans précédent des prélèvements obligatoires.  

Alors, austérité ou pas austérité ? Si ce n’est pas de l’austérité, cela y ressemble étrangement. Un chômage qui s’aggrave de mois en mois, un déficit qui se creuse de façon dangereuse, une baisse du pouvoir d’achat... Beaucoup souffrent de la perte d’un emploi, les entreprises sont au bord de l’asphyxie entre la hausse des cotisations et des carnets de commande qui ne se remplissent plus. D’autres sont épargnés par cette crise, entre un emploi stable et des rémunérations décentes. D’autres encore font quand même des affaires.

Et pendant ce temps, la France emprunte à des niveaux historiquement bas ! Pour exemple, le taux d'emprunt à 10 ans de la France est passé sous la barre des 1,8% sur le marché obligataire, le vendredi 5 avril. Cette confiance toute relative des investisseurs s’explique en particulier par l’achat de notre dette par des investisseurs japonais et plus généralement, par la méfiance envers les Pays du Sud de l’Europe.

Pourtant, nombreux et toujours plus nombreux sont ceux qui sentent bien que la France va mal. Et chacun retient son souffle. La consommation des ménages qui avait toujours soutenu l’activité économique est en panne. On remet à plus tard les achats qui ne présentent pas d’urgence. Pas question de se lancer dans des dépenses superflues ou jugées secondaires. Que le principal et rien que l’essentiel...

L’avenir semble pour beaucoup incertain et on s’attend à un coup de semonce de l’Union européenne sur la baisse des déficits qui ne sera pas au rendez-vous, comme la France s’y était engagée pour 2013. Et le coup de grâce peut venir des marchés financiers dont on connait la versatilité.

Même si le Président se veut rassurant sur l’état de la France qui n’a rien de comparable avec l’Espagne ou l’Italie, que l’utilisation de sa boite à outils va inverser la courbe du chômage à la fin de 2013 et qu’un retour de la croissance se fera en 2014, les Français sont dubitatifs.

Chacun aimerait que l’Histoire s’écrive dans un sens favorable, tout en se demandant si cela ne tiendra pas plutôt du miracle... On ne demande qu’à être étonnés, que la magie s’opère... et que s’éloigne cette pensée obsédante de sentir la France au bord d’un gouffre...

En attendant, comme dans la pièce de Molière "Le Bourgeois Gentilhomme", Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, la France ferait-elle de l’austérité sans le savoir ?

 

Illustration de Korolle

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Published by Ambroisine - dans Economie
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