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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 14:26

La constitution du gouvernement de Manuel Valls nous aura appris ou confirmé, que l’on peut changer de domaine de compétences !

C’est ainsi que Benoît Hamon est passé de l’économie sociale et solidaire à l’éducation, que Bernard Cazeneuve a endossé le costume de Ministre de l’intérieur après celui du budget...

En politique, on pourrait ainsi changer de secteur sans avoir les connaissances des dossiers et ainsi, apprendre sur le tas ? Comme l’a souligné le journaliste Gérard Leclerc dans l’émission Politique Matin sur LCP, l’essentiel est d’être bien entouré et avoir du bon sens !

A l’inverse, il a été démontré que des Ministres qui avaient les compétences « intrinsèques » - un médecin à la santé, un professeur à l’éducation,  un juge à la justice, un agriculteur à l’agriculture…  - n’étaient pas forcément les plus compétents. Et des exemples que l’on taira de ces Ministres qui  n’ont pas brillé !

Mais pour les uns et pour les autres, cela reste tout de même de la politique qui est d’ailleurs plus une fonction qu’un métier. Et le milieu est tout de même fermé ; le personnel politique est issu pour la plupart de l’ENA, Sciences Po et autres Grandes Ecoles. Après, il y a des parcours atypiques mais qui restent exceptionnels. Il a été souligné que les employés et les ouvriers ne représentaient que 3% des députés (alors qu’ils représentent la moitié de la population active !).

Alors, ce qui fonctionnerait en politique (et seulement dans le domaine de compétence), est-il envisageable, ailleurs, dans les entreprises ?

On voit des exemples de reconversion réussie et ainsi un ingénieur en informatique exceller dans la boulangerie, une infirmière devenir agricultrice, un directeur commercial s’éclater dans la boucherie…

Mais ces cas sont plus rares qu’il n’y parait…

Il est des domaines qui supposent une formation et ceux qui se lancent n’ont pas toujours le succès escompté. Les entreprises se montrent frileuses pour donner leur chance à ces nouveaux professionnels. Certains milieux pourraient aussi plus facilement accueillir des professionnels d’horizons différents mais là, on se heurte au plafond de verre (communication, journalisme…).  

Plus vicieux : une fois que vous avez acquis de l’expérience dans une branche, plus moyen de changer ! Ainsi, un juriste bancaire pourra en vain devenir un juriste en matière des assurances. Pourtant, il y a une formation commune et comme le serinent les professeurs dans les Universités, l’essentiel est d’acquérir l’esprit juridique… Après c’est une question de travail, d’investissement personnel.

Mais là, on ne vous laisse même pas votre chance. Les cabinets de recrutement ou les DRH sont sans concession. Les profils exigés sont de plus en plus pointus, pas la place à l’originalité d’un parcours. Non, il faut tel ou tel diplôme, avec telle ou telle spécialité, et ne parlons pas de l’expérience qui doit rentrer pile-poile dans les critères ; un domaine proche sans être identique est refusé, vous devez entrer dans la case, rien que la case. Et pas de discussion possible !  

Et ainsi, de blocages en verrous, les entreprises se privent de talents ! Même au sein de bon nombre de sociétés, des personnes pourraient avoir l’envie, les qualités pour occuper un poste. Eh bien, non, ce sera un refus net ! Même si cela fait bien d’afficher une ouverture à tous les profils, en pratique, chacun reste cloisonné dans sa branche…

Si ce phénomène n’est pas général -  il y a encore des entreprises qui acceptent des parcours différents - il est suffisamment important pour que cela pose question, surtout en ces temps de chômage de masse… 

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Published by magtuttifrutti - dans Economie
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